L’écrivain et ancien ministre Cheikh Hamidou Kane s’est éteint ce dimanche 4 octobre 2026, laissant derrière lui un héritage intellectuel et politique d’une rare profondeur. La levée du corps est prévue à 16 heures à l’hôpital de Fann, suivie de l’inhumation au cimetière de Yoff.
Né le 2 avril 1928 à Matam, Kane a mené un parcours académique exceptionnel entre Dakar et Paris. Diplômé en droit, lettres et philosophie à la Sorbonne, il sort en 1956 de l’École nationale de la France d’Outre-mer.
Dès les indépendances, il occupe des postes de premier plan : gouverneur de Thiès, commissaire général puis ministre du Plan en 1962, avant de quitter le gouvernement lors de la crise entre Senghor et Mamadou Dia.Son engagement s’est ensuite élargi à l’international. Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, vice-président du CRDI à Ottawa, puis ministre du Développement industriel et du Plan au Sénégal, Cheikh Hamidou Kane a marqué de son empreinte la gouvernance et la coopération.Mais c’est surtout son œuvre littéraire qui l’a consacré comme figure universelle. Publié en 1961, L’Aventure ambiguë est devenu un classique de la littérature africaine, couronné par le Grand prix littéraire d’Afrique noire. Ce roman interroge avec force la tension entre tradition spirituelle et modernité occidentale. En 1995, il confirme son statut avec Les Gardiens du Temple, autre texte majeur.Distingué par de nombreux prix, dont le Grand Prix des Mécènes en 2019 et le Grand Prix du Chef de l’État pour les Lettres, Cheikh Hamidou Kane a vu son nom donné à l’Université numérique du Sénégal, preuve de la reconnaissance nationale.Son décès constitue une perte immense pour le Sénégal, l’Afrique et le monde des lettres. Au-delà de ses fonctions politiques, il restera dans la mémoire collective comme un écrivain visionnaire, un intellectuel humble et un serviteur de l’État.
Amara Kamara