Le défenseur sénégalais des droits humains Alioune Tine a lancé un appel retentissant aux autorités africaines, dénonçant les disparitions forcées, les enlèvements et les détentions arbitraires qui frappent des citoyens sur le continent. Il exige notamment la libération immédiate et sans condition de Guy Hervé Kam, Mountaga Tall et Moussa Kaka…
Sur son réseau social X, Alioune Tine, ancien expert des Nations unies pour les droits de l’homme et fondateur d’Afrikajom Center, rappelle que les violations des libertés fondamentales contredisent l’héritage africain et les engagements pris par les États du continent. Il cite notamment la charte du Kurukan Fuga, élaborée au XIIIe siècle dans l’empire du Mali, comme une référence ancienne de la dignité humaine en Afrique.
Selon lui, les enlèvements, disparitions forcées, détentions arbitraires, actes de torture, traitements inhumains ou dégradants et exécutions extrajudiciaires sont incompatibles avec « l’esprit et les normes » de cette charte du Manden.
Alioune Tine souligne que la quasi-totalité des pays africains ont inscrit dans leurs constitutions les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont les États africains s’étaient notamment prévalus lors de leurs combats pour l’indépendance. Ils ont également signé et ratifié la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
« Nous sommes en droit aujourd’hui d’exiger des autorités africaines le respect des droits fondamentaux de l’homme africain », affirme-t-il, appelant les gouvernements à passer des déclarations à des actes concrets.
Le militant demande la libération immédiate et sans condition de Guy Hervé Kam, figure de la société civile burkinabè, de Mountaga Tall, avocat malin et de Moussa Kaka, journaliste nigérien porté disparu depuis le 31 août dernier.
La situation de Moussa Kaka, correspondant de RFI au Niger, suscite une inquiétude croissante. Alioune Tine parle d’une « disparition forcée » et déplore « la totale indifférence de la communauté africaine et internationale » face au silence entourant son sort.
Au-delà des trois personnes citées, Alioune Tine étend son exigence à « toutes les personnes arbitrairement détenues dans les pays africains ». Son message est clair : la sécurité et le développement ne peuvent pas être construits sur la peur, l’enlèvement ou le silence imposé aux citoyens.
Son intervention intervient alors que plusieurs cas récents de disparitions et d’arrestations de journalistes, défenseurs des droits humains et membres de la société civile alimentent les inquiétudes sur l’état des libertés dans plusieurs pays africains.
« Les tous premiers leaders du monde à donner sens à la dignité de l’homme africain, ce sont d’abord les leaders africains », résume Alioune Tine, qui appelle le continent à retrouver l’exigence de dignité inscrite dans son histoire.
A-Tchol pour Billetdujour.com




































