Le pasteur autoproclamé Paul Mackenzie et 28 de ses co-accusés ont été reconnus coupables, lundi 19 octobre, du meurtre de 190 enfants et d’un adulte, dont les corps avaient été découverts en 2023 dans la forêt de Shakahola, dans l’est du Kenya. Le verdict rend par la Haute Cour de Mombasa conclut à l’un des drames sectaires les plus meurtriers de l’histoire récente du pays.
À la tête de l’Église internationale de la Bonne Nouvelle, Paul Mackenzie avait convaincu ses fidèles que le jeûne jusqu’à la mort leur permettrait de rencontrer Jésus. Selon la justice, les accusés ont mis en place un « système organisé » de radicalisation religieuse et de jeûne forcé, ayant conduit à la mort des victimes.
Le tribunal a estimé que l’accusation avait prouvé, « au-delà de tout doute raisonnable », la responsabilité des 29 prévenus. Le juge a retenu leur culpabilité individuelle et collective dans les 191 chefs de meurtre.
Paul Mackenzie est demeuré impassible à l’annonce du verdict. Ses co-accusés, présentés comme des responsables ou proches collaborateurs de la secte, encourent désormais la réclusion à perpétuité. La peine sera prononcée le 6 novembre.
Une tragédie qui a choqué le Kenya
Les corps avaient été exhumés à partir d’avril 2023 dans la forêt de Shakahola, près de la ville côtière de Malindi. Les enquêteurs avaient alors mis au jour des fosses communes et révélé l’ampleur d’un phénomène qui a profondément choqué l’opinion publique kenyane et internationale.
Le drame a relancé le débat sur l’encadrement des églises et mouvements religieux au Kenya, où certaines communautés évoluent longtemps sans contrôle effectif. Les autorités ont promis de renforcer la surveillance des organisations suspectées de dérives sectaires.
L’instruction n’est pas terminée
Cette condamnation ne clôt pas le dossier. Paul Mackenzie et d’autres prévenus font également face à des accusations distinctes notamment d’homicides involontaires, de terrorisme et de torture d’enfants liées à la mort de plus de 230 autres personnes.
Pour les familles des victimes, la décision de lundi constitue une première forme de justice, mais pas une réparation. « Nous attendons la peine », ont résumé plusieurs proches présents au tribunal, tandis que le Kenya retient son souffle avant le 6 novembre, jour où le gourou de Shakahola connaîtra le prix de ses crimes.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































