L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC) depuis mai 2026 s’étend désormais au-delà de ses frontières. Après le Kenya, le Nigeria a confirmé son premier cas à Abuja, tandis que le bilan congolais dépasse 9 500 contaminations et 4 600 décès.

Le Nigeria a annoncé, le 20 octobre, un premier cas confirmé dans sa capitale : une femme arrivée d’Ouganda a été testée positive après son admission dans un hôpital privé d’Abuja. Les autorités sanitaires traquent 44 personnes ayant été en contact avec la patiente et ont demandé à tous les établissements de santé du pays de passer en « alerte maximale ».

RDC : une épidémie d’une ampleur exceptionnelle

La RDC reste l’épicentre de la flambée, déclarée le 15 mai 2026 dans la province de l’Ituri, avant de s’étendre au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, puis vers l’Ouganda. Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola recensée dans le pays depuis 1976.

Selon l’Institut national de santé publique congolais, le bilan atteignait 9 552 cas et 4 602 décès au 20 octobre, avec 97 nouveaux cas et 41 morts recensés en 24 heures. Le taux de létalité depuis le début de l’épidémie est estimé à 48,2%.

L’OMS avait déjà alerté en juillet sur la vitesse exceptionnelle de propagation, qualifiant alors la flambée de troisième plus grande jamais enregistrée.  L’organisation et les CDC Afrique réclament notamment une trêve humanitaire d’au moins six mois pour permettre aux équipes médicales d’accéder aux populations exposées dans les zones touchées par les déplacements et l’insécurité.

Kenya : neuf cas, dont un premier décès

Le Kenya a confirmé son neuvième cas, tous rattachés selon les autorités à un même cluster. Le premier patient était arrivé à Nairobi le 3 octobre après un traitement en RDC et un transit par l’Ouganda ; son infection n’avait pas été détectée au contrôle aéroportuaire. Hospitalisé, il est décédé le 5 octobre.

Les autorités kenyanes affirment qu’il n’existe pas encore de preuve de transmission au-delà des contacts connus du premier malade. Mais le pays est placé en haute alerte, avec un renforcement attendu du dépistage aux points d’entrée.

Nigeria : le virus atteint Abuja

L’apparition d’un cas à Abuja constitue un nouveau signal d’alarme pour l’Afrique de l’Ouest. Le patient, arrivé d’Ouganda, avait été admis dans une structure privée avant que le diagnostic ne soit confirmé par le ministère nigérian de la Santé.

Le gouvernement appelle désormais les hôpitaux publics et privés à renforcer la surveillance, l’isolement précoce des cas suspects et la recherche des contacts. La priorité est d’éviter une chaîne de transmission urbaine dans l’une des métropoles les plus peuplées du continent.

Une riposte continentale sous pression

Le virus en cause est le virus de Bundibugyo, pour lequel il n’existe pas encore de vaccin ni de traitement approuvés, selon des informations relayées par la presse internationale. Cette particularité complique la riposte, déjà fragilisée par les déplacements massifs de populations, la violence et la méfiance communautaire dans l’est congolais.

L’OMS et les CDC Afrique ont lancé un plan continental commun dès juin 2026 pour coordonner surveillance, laboratoires, soins et mobilisation communautaire.  Mais la propagation vers le Kenya puis le Nigeria montre que la course contre la montre s’intensifie : chaque contact non identifié peut ouvrir une nouvelle chaîne de contamination.

La question n’est plus seulement de contenir l’épidémie en RDC, mais d’empêcher qu’elle ne s’installe durablement dans plusieurs pays africains.

A-Tchol pour Billetdujour.com