L’ancien président de la Cour constitutionnelle de Guinée, Mohamed Lamine Bangoura, a été condamné à sept ans d’emprisonnement ferme, à une amende de 2 milliards de francs guinéens et à cinq ans d’inéligibilité, selon la décision rendue par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Le tribunal a également ordonné la confiscation de ses biens en Guinée et au Sénégal au profit de l’État guinéen.

La condamnation frappe un homme qui a présidé la plus haute juridiction constitutionnelle du pays de 2018 à 2021, avant la dissolution de l’institution après le coup d’État de septembre 2021.  Le parquet spécial avait initialement requis dix ans de prison, une amende de 50 milliards GNF et la confiscation de l’ensemble des biens du prévenu.

La CRIEF a finalement retenu une peine de sept ans, accompagnée d’une amende de 2 milliards GNF et d’une inéligibilité de cinq ans. La mesure de confiscation vise notamment son patrimoine immobilier, dont des biens situés à Conakry et à Dakar avaient été évoqués au cours de l’instruction et des débats.

Tout au long du procès, ouvert le 18 février 2026, Mohamed Lamine Bangoura a nié les accusations de détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité. « Je ne reconnais aucun fait qui m’est reproché », avait-il déclaré devant la juridiction, tout en contestant l’existence même des 20 milliards GNF que les poursuites lui attribuaient.

Sa défense avait dénoncé un « dossier vide » et contesté la compétence de la CRIEF, tandis que l’ancien magistrat affirmait que la Cour constitutionnelle n’avait jamais disposé d’un budget de 20 milliards de francs guinéens.

L’affaire, liée à la gestion présumée de la subvention annuelle de l’ancienne Cour constitutionnelle, était attendue depuis plusieurs mois. Le verdict, initialement prévu le 27 juillet 2026, avait été reporté, avant que le dossier ne soit renvoyé au 21 octobre.

Avec cette condamnation, la justice guinéenne adresse un signal fort dans sa campagne de répression des infractions économiques et financières visant d’anciens hauts responsables. Reste à savoir si la défense de Mohamed Lamine Bangoura fera appel de cette décision.

Sion Tonkô pour Billetdujour.com