Le gouvernement guinéen durcit radicalement les règles d’exportation de l’or raffiné et des métaux associés. Désormais, l’Office guinéen d’expertise de l’or, des diamants et autres matières précieuses (OGE) devient un passage incontournable pour les opérateurs.

Conakry a officiellement instauré une nouvelle procédure pour encadrer l’exportation de l’or et des métaux associés, à condition qu’ils aient été raffinés ou affinés sur le territoire national. La mesure, proposée par le ministre des Mines et de la Géologie et rendue publique vendredi 2 octobre à la télévision nationale, s’inscrit dans la stratégie de l’État visant à renforcer la transformation locale et la traçabilité des ressources minières.

Le nouveau dispositif confie à l’OGE un rôle central dans l’instruction des demandes d’exportation. L’Office doit notamment intervenir dans la vérification de la conformité des cargaisons, à travers l’attestation de conformité exigée dans les dossiers soumis par les exportateurs.

Chaque opérateur devra produire un ensemble de pièces justificatives, dont un certificat d’origine, un certificat d’analyse de la raffinerie, une facture commerciale, un contrat de vente ou ordre d’achat, une déclaration douanière, une preuve de domiciliation bancaire et un engagement de rapatriement des devises.

La réforme repose sur un principe : l’or extrait en Guinée doit être raffiné localement avant toute sortie du territoire. L’exportation doit ensuite porter sur des lingots raffinés, certifiés et, le cas échéant, numérotés.

Le dispositif réserve l’exportation aux sociétés minières industrielles et semi-industrielles, aux comptoirs agréés ainsi qu’à la Banque centrale de la République de Guinée dans le cadre de ses missions réglementaires.

Au-delà du contrôle administratif, les autorités cherchent à capter davantage de valeur ajoutée sur place, à mieux suivre l’origine des métaux et à sécuriser le retour des recettes en devises. Le cadre prévoit également l’implication des douanes, de la Banque centrale, du Laboratoire national de la géologie et des services de lutte contre la fraude.

Une période transitoire de 90 jours avait été prévue dans le décret de juillet afin de permettre aux acteurs du secteur de se conformer aux nouvelles obligations. À terme, l’objectif affiché est clair : faire de la Guinée non plus seulement un pays producteur, mais un pays qui contrôle et valorise davantage son or avant exportation.

A-Tchol pour Billetdujour.com