L’ancien ministre de la Défense nationale sous Alpha Condé, Dr Mohamed Diané, a obtenu un allègement de sa peine en appel devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Pour autant, l’affaire n’est pas close : le parquet spécial annonce un pourvoi en cassation et entend contester les fondements juridiques de l’arrêt.
Jeudi 15 octobre 2026, la chambre des appels de la CRIEF a condamné Dr Diané à quatre ans et huit mois de prison ferme pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. La juridiction l’a toutefois acquitté du chef de détournement de deniers publics, un élément central du dossier initial.
Cette décision représente une réduction notable par rapport au verdict de première instance rendu en décembre 2024, où l’ancien ministre avait été condamné à cinq ans de prison. Il devra également verser à l’État guinéen environ 303 milliards de francs guinéens, soit près de 34 millions de dollars, au titre des amendes et dommages-intérêts.
Loin de saluer cette décision, le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Selon le ministère public, l’arrêt de la chambre des appels repose sur des motifs juridiques contestables, ce qui justifie une nouvelle bataille devant la juridiction suprême.
Cette annonce transforme une victoire partielle pour la défense en un dossier judiciaire toujours ouvert. Le procureur a d’ailleurs adressé un message sans ambiguïté à l’ancien ministre : la bataille entre le parquet et Dr Diané « n’est pas terminée ».
Ancien ministre de la Défense de 2015 à 2021, Dr Mohamed Diané était l’une des figures importantes du régime d’Alpha Condé, renversé en septembre 2021. Son procès s’inscrit dans la série de dossiers instruits par la CRIEF sur la gestion présumée des fonds publics sous l’ancien pouvoir.
Détenu depuis mai 2022, il aurait, selon les informations disponibles, purgé une grande partie de la peine prononcée en appel, avec une libération envisageable vers janvier 2027 si le pourvoi ne modifie pas la situation.
Le pourvoi en cassation ne revient pas à rejouer l’intégralité du procès, mais à faire examiner si la cour d’appel a correctement appliqué le droit. S’il est accueilli, l’arrêt pourrait être cassé, en tout ou partie, et renvoyer l’affaire devant une autre juridiction.
Pour Dr Diané, l’allègement de la peine constitue donc une avancée, mais non une absolution complète. Pour le parquet, il s’agit désormais d’obtenir la censure d’une décision qu’il estime juridiquement fragile et de maintenir la pression dans un dossier hautement symbolique pour la lutte contre la corruption en Guinée.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































