Le Comité exécutif de la Confédération africaine de football a enterré, à l’unanimité, le passage de la Coupe d’Afrique des nations à un cycle quadriennal. Moins d’un an après avoir voulu révolutionner le calendrier du football africain, la CAF revient au format historique biennal, sous la pression des fédérations et face aux incertitudes financières de son projet de Ligue des nations.
Un revirement spectaculaire
Réuni ce jeudi, le Comité exécutif de la CAF a décidé que la CAN se tiendra de nouveau tous les deux ans, abandonnant officiellement la réforme annoncée en décembre 2025 par le président Patrice Motsepe. Celui-ci avait alors prévu de faire passer la compétition à une organisation tous les quatre ans à partir de 2028, afin de l’harmoniser avec le calendrier mondial du football.
Le retour de bâton est net : la décision de maintien du rythme biennal a été adoptée à l’unanimité. Les prochaines éditions sont confirmées pour 2027, 2028, 2031 et 2033, la CAN 2027 restant prévue au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda.
Pourquoi la CAF a reculé
Dans son communiqué, la CAF explique ce réexamen par les limites de son projet de Ligue des nations africaine, censée remplacer la CAN et se disputer tous les deux ans. L’instance reconnaît que cette nouvelle compétition aurait besoin de plusieurs années avant de générer les ressources financières nécessaires à l’autonomie et à la compétitivité du football africain.
Autrement dit, la CAF avait voulu remplacer une épreuve rentable et populaire par un produit encore en construction. Face au risque financier et aux réticences des acteurs du football continental, le président Motsepe a fini par plier.
Une décision saluée, une crédibilité fragilisée
Le rétropédalage devrait rassurer les sélections nationales, les fédérations et une partie du public africain, attachés à la régularité d’une CAN qui rythme le continent depuis 1957. Patrice Motsepe a justifié le choix par la volonté de « protéger et promouvoir les intérêts du football africain », de ses 54 associations membres et des joueurs africains évoluant hors du continent.
Mais la CAF sort affaiblie de cette séquence. En moins d’un an, elle a annoncé une réforme majeure, puis reconnu publiquement ses limites avant de l’abandonner : un signal qui interroge sur la méthode de gouvernance de l’instance et sur sa capacité à engager des changements structurels sans consensus durable.
Ce qui change concrètement
Concrètement, la périodicité de la CAN revient à deux ans, alors que le passage à quatre ans est abandonné. La Ligue des nations africaine, qui devait remplacer la compétition phare, voit son projet remis en cause faute de rentabilité immédiate.
Les éditions 2027, 2028, 2031 et 2033 sont désormais confirmées, tandis que la CAN 2027 reste organisée conjointement par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda.
La CAN conserve donc sa place de rendez-vous biennal majeur du football africain. Reste à savoir si la CAF saura transformer ce retour en arrière en leçon de stabilité ou si le continent devra encore attendre la prochaine réforme annoncée à grand bruit.
Dassassa pour Billetdujour.com



































