Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kankan, Ibrahima I. Camara, a ordonné l’ouverture d’une enquête visant les élèves retrouvés hors des établissements scolaires pendant les heures de cours. Une décision qui pourrait marquer le début d’une mobilisation nationale contre l’absentéisme scolaire.

Dans son réquisitoire, le parquet de Kankan a demandé l’intervention des forces de l’ordre pour identifier et interpeller les élèves trouvés en situation de vagabondage aux abords des écoles, alors qu’ils devraient être en classe. L’objectif affiché est double : renforcer la protection des mineurs et préserver la moralité en milieu scolaire.

La mesure intervient alors que la présence d’élèves dans les rues, les espaces de jeux et les lieux de loisirs pendant les heures de cours est devenue une préoccupation récurrente à Kankan. Le phénomène, souvent qualifié de « désertion scolaire », inquiète les autorités éducatives, les familles et les acteurs de la justice.

Selon les constats évoqués dans le communiqué, certains élèves quittent volontairement leurs établissements pour se regrouper ailleurs : jeux de hasard, discussions prolongées dans la rue, fréquentation de lieux inadaptés ou autres activités éloignées de la salle de classe. Ces comportements exposent les mineurs à des risques accrus, notamment la délinquance, l’exploitation, les mauvaises rencontres et la déscolarisation progressive.

Pour le parquet, il ne s’agit pas seulement d’un problème de discipline scolaire. L’absentéisme répété fragilise le parcours éducatif des enfants et compromet leur avenir, tout en créant un climat propice aux comportements déviants.

L’initiative de Kankan pourrait faire école. Beaucoup estiment que cette approche devrait être généralisée à l’échelle nationale, afin de mettre fin à un fléau qui touche plusieurs régions de la Guinée : des élèves qui, au lieu d’être en classe, errent dans les quartiers ou se livrent à des jeux d’argent pendant les heures officielles d’enseignement.

Une telle extension exigerait une coordination entre les procureurs, les directions préfectorales de l’éducation, les chefs d’établissements, les forces de l’ordre, les parents d’élèves et les autorités locales. L’enjeu serait de protéger les enfants sans se limiter à des interpellations, en combinant contrôle, accompagnement des familles et sanctions contre ceux qui facilitent l’absentéisme.

En ordonnant cette enquête, le procureur Ibrahima I. Camara envoie un message clair : l’école n’est pas facultative et les heures de cours ne sont pas des heures de loisirs. La mesure de Kankan pourrait devenir le point de départ d’une politique plus ferme de lutte contre le vagabondage scolaire dans tout le pays.

Reste désormais à savoir si cette décision, saluée par certains comme une réponse nécessaire à une situation préoccupante, sera effectivement étendue à Conakry et dans les autres régions du pays.

Dassassa pour Billetdujour.com