Un parcours forgé dans la rigueur et l’expertise
Titulaire d’une licence en droit des affaires et diplômé de l’École nationale du Trésor de Paris, Sidya Touré s’est imposé au fil des décennies comme une figure majeure de l’administration économique ouest-africaine. Il a réalisé l’essentiel de sa carrière en Côte d’Ivoire, où il a occupé de hautes responsabilités dans les domaines des finances publiques, du commerce, de l’industrie et de la planification.
Son parcours témoigne d’une solide maîtrise des mécanismes
économiques et financiers, mais aussi d’une longue expérience dans la conduite des politiques publiques et la gestion des crises économiques.
Les premiers pas au Trésor ivoirien
Entre 1972 et 1974, Sidya Touré exerce comme inspecteur du Trésor chargé de la vérification à la direction de la Comptabilité publique et du Trésor, à Abidjan. Il devient ensuite sous-directeur au Trésor, chargé des finances extérieures et du crédit.
Parallèlement, de 1973 à 1975, il est conseiller technique du ministre ivoirien de l’Économie et des Finances lors des assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Cette expérience internationale est renforcée par un stage consacré à la balance des paiements, effectué de mai à juillet 1974 à l’Institut du FMI, à Washington.
Un acteur clé du commerce et de la distribution
De 1977 à 1981, Sidya Touré prend la direction du Commerce intérieur et de la Distribution. Il dirige également la Caisse générale de péréquation des prix des produits de grande consommation, un dispositif essentiel pour réguler les prix et préserver le pouvoir d’achat des populations.
Durant cette période, il siège au conseil d’administration de plusieurs sociétés stratégiques, notamment :
la SODESUCRE, spécialisée dans la production et la commercialisation du sucre ;
la Société ivoirienne de raffinage ;
la société de distribution des produits pétroliers BP ;
l’OCPA, chargée de la collecte et de la commercialisation du riz et du maïs produits en Côte d’Ivoire.
Ces responsabilités le placent au cœur des secteurs agricoles, énergétiques, industriels et commerciaux du pays.
De l’industrie à la gestion de la dette publique
Entre 1981 et 1983, Sidya Touré devient directeur de cabinet du ministre du Plan et de l’Industrie. Il est également nommé directeur général par intérim du Bureau de développement industriel, chargé de promouvoir l’industrie ivoirienne.
Il participe alors à la mise en œuvre du premier programme d’ajustement structurel du secteur industriel en Côte d’Ivoire. Dans le même temps, il siège au sein des conseils d’administration de l’Énergie électrique de Côte d’Ivoire, des Industries chimiques du Sénégal et de la Société ivoirienne de banque.
À partir de 1983 et jusqu’en octobre 1989, il est directeur de cabinet du ministre d’État. Il est notamment chargé des négociations relatives au rééchelonnement de la dette publique ivoirienne. Il préside aussi la Commission technique de suivi économique, qui travaille à la fois sur les négociations de la dette et sur l’élaboration d’un programme de relance économique.
Du 30 novembre 1989 au 18 avril 1990, il est responsable du cabinet du président du Comité interministériel de coordination et de relance économique.
Au sommet de l’administration ivoirienne
De novembre 1990 à décembre 1993, Sidya Touré occupe le poste de directeur de cabinet du Premier ministre de Côte d’Ivoire, à Abidjan. Cette fonction constitue l’un des sommets de sa carrière administrative ivoirienne et confirme son rôle dans la coordination de l’action gouvernementale.
Après cette longue expérience au sein de l’appareil d’État, il devient, entre 1994 et 1996, président de la Société financière et industrielle du Golfe. Il s’installe également comme planteur à Kolon, dans la préfecture de Boffa, en Guinée.
La consécration politique en Guinée
En 1996, Sidya Touré accède à la fonction de Premier ministre de la Guinée, qu’il exerce jusqu’en 1999. Cette nomination marque une nouvelle étape dans son parcours : après avoir occupé de hautes responsabilités économiques et administratives en Côte d’Ivoire, il met désormais son expérience au service de son pays d’origine.
Son passage à la primature s’inscrit dans une volonté de renforcer la gouvernance, de soutenir le développement économique et de moderniser la gestion publique.
Un homme d’État au service du développement
Au-delà des fonctions officielles qu’il a exercées, Sidya Touré a continué à conseiller de grandes personnalités et à partager son expertise avec différents responsables publics. Son engagement repose sur une conviction constante : la bonne gouvernance, la rigueur dans la gestion et la planification sont indispensables au développement durable des nations.
Son ambition, selon ses proches, a toujours été de voir la Guinée prospérer. Il se dit aujourd’hui reconnaissant pour le parcours qui lui a été donné de réaliser et satisfait de la contribution qu’il a pu apporter à son pays et à la sous-région.
De l’administration du Trésor à la direction des grandes structures économiques, des négociations sur la dette publique à la primature guinéenne, Sidya Touré incarne ainsi le parcours d’un technocrate devenu homme d’État.
Transcription Billetdujour.com




































