Arrêtée en Tanzanie le 30 août, rapatriée à Kinshasa dans un jet privé, détenue au secret par le Conseil national de cyberdéfense : le cas Denise Dusauchoy dit beaucoup sur la façon dont le pouvoir congolais traite ses anciens alliés devenus encombrants.

Son parcours est celui d’un caméléon politique. Journaliste en Belgique, communicante sous Kabila, ralliée à Tshisekedi en 2019, coordinatrice d’un parti de la coalition présidentielle, candidate malheureuse aux législatives, fondatrice de son propre parti, avant de se retourner contre celui qu’elle avait soutenu. Elle s’est alors rendue à Goma, ville sous occupation de l’AFC/M23.

Ce qui a précipité sa chute : une vidéo dans laquelle elle révèle, dans des termes dégradants, le viol dont avait été victime l’opposant Jacky Ndala lors de sa détention en 2021, et s’en attribue la responsabilité.

L’affaire est vécue comme une véritable humiliation pour la victime et jette le discrédit sur l’ANR, le service de renseignements congolais. Elle est condamnée à trois ans de prison en décembre 2024, libérée trois mois plus tard, puis s’exile.

Depuis la Belgique, puis le Rwanda, elle continue ses attaques contre la famille présidentielle.

Jusqu’à se croire assez protégée pour se rendre en Tanzanie. Deux semaines avant son arrestation, Félix Tshisekedi effectuait une visite à Zanzibar.

Beaucoup à Kinshasa regardent désormais la suite avec inquiétude. L’exploitation de ses téléphones pourrait nuire à ceux qui l’utilisaient.

« J’ai le pressentiment que ce n’est pas complètement game over », résume une source familière du renseignement congolais.

Une enquête à lire ici :

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