À l’approche du congrès électif de la Fédération guinéenne de football, prévu à Conakry le 27 octobre, les membres statutaires sont appelés à faire un choix qui dépasse les alliances et les affinités. Après des années de tensions au sein de l’instance, le prochain Comité exécutif devra convaincre par la solidité de son projet, sa capacité à rassembler et la probité de ses membres.

La course à la présidence de la Féguifoot s’est précisée avec le dépôt de plusieurs listes. Parmi les têtes de liste figurent Ibrahima Kalil Kaba, ancien ministre des Affaires étrangères et président du Karfamoriah FC, Mohamed Chérif Haidara, opérateur économique, ainsi que Mamady Doumbouya, directeur général de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications et président de l’Union FC. Mamadou Antonio Souaré figure également parmi les candidats annoncés. La commission électorale a provisoirement validé plusieurs candidatures, dont celles de Kaba, Haidara et Doumbouya.

Le scrutin, toutefois, ne devrait pas se réduire à la notoriété des candidats ni à leur réseau. Pour le football guinéen, l’enjeu est de tourner la page des querelles intestines qui ont trop souvent fragilisé la gouvernance fédérale et détourné l’attention des priorités sportives. Le prochain dirigeant devra être capable de rétablir la confiance, de travailler avec les clubs et les autres acteurs du football, et de faire prévaloir l’intérêt collectif.

La probité morale ne se proclame pas : elle doit se vérifier dans les actes, la transparence des décisions et le respect des règles. Les membres statutaires ont donc intérêt à examiner les parcours, les engagements et les méthodes de travail des candidats, sans présumer de la qualité morale de l’un ou de l’autre.

Une fédération crédible doit pouvoir rendre compte de ses choix, gérer ses ressources avec rigueur et protéger ses instances des conflits d’intérêts. Elle doit aussi garantir que les décisions sportives et administratives ne soient pas dictées par des intérêts personnels ou des arrangements.

La question décisive est celle des résultats à construire. Le futur Comité exécutif devra présenter une feuille de route claire : développement du football des jeunes et du football féminin, accompagnement des clubs, amélioration des compétitions, formation des éducateurs et des arbitres, et préparation durable des sélections nationales.

L’ambition de voir la Guinée parmi les grandes nations du football ne pourra reposer sur une seule élection ni sur une promesse. Elle suppose une gouvernance stable, des objectifs mesurables et une fédération qui réunit les compétences au lieu d’alimenter les divisions.

Le 27 octobre, les délégués auront une responsabilité particulière. Qu’ils ne se laissent guider ni par la connaissance personnelle, ni par les fidélités de circonstance, ni par la corruption. Leur choix devrait s’appuyer sur le projet présenté, la capacité à rassembler et l’intégrité démontrable des candidats.

Le football guinéen n’a pas seulement besoin d’un nouveau président : il a besoin d’une équipe capable de rompre avec les luttes stériles, de rendre des comptes et de consacrer son énergie au développement du jeu. C’est à cette exigence que les candidats devront être jugés et c’est à elle que les électeurs devront répondre.

Dassassa pour Billetdujour.com