Le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a procédé, par une décision rendue publique le 3 novembre 2026, à la démission de 479 présidents de districts et de quartiers dans la région administrative de Siguiri. Ils sont soupçonnés d’implication dans l’exploitation illégale de l’or et dans la dégradation de l’environnement.

Un coup de balai sans précédent

Signée par la ministre Camara Diénabou Touré, la décision ministérielle référencée N° D/2026/…/MATD/CAB/SG vise des élus locaux de la principale zone aurifère de la Guinée. Cette mesure s’inscrit dans une vague de sanctions qui a déjà touché plusieurs responsables administratifs de la région.

Quelques jours plus tôt, le 3 novembre, un décret présidentiel avait prononcé la radiation de 22 administrateurs territoriaux de Siguiri, dont le gouverneur par intérim. La révocation massive des présidents de districts et de quartiers prolonge donc directement cette offensive de l’État contre les réseaux présumés liés à l’orpaillage clandestin.

Siguiri, véritable poumon aurifère de la Guinée, est depuis plusieurs mois au centre d’une crise liée à l’exploitation artisanale et mécanisée de l’or. Le 29 octobre, le gouverneur par intérim, le colonel Fadjimba Mara, avait ordonné la suspension de toutes les activités d’orpaillage artisanal jusqu’à la régularisation de la situation.

Les autorités reprochent notamment l’usage illicite de pelles mécaniques sur les sites miniers, une pratique accusée d’aggraver la dégradation environnementale et de contourner les directives gouvernementales. Des suspensions antérieures avaient déjà visé 139 agents du secteur de l’Environnement dans la préfecture.

Cette décision marque une intensification du contrôle de l’État sur la gouvernance décentralisée dans une région stratégique pour l’économie nationale. En limogeant près de 500 responsables de base, le MATD envoie un signal fort : les autorités locales sont désormais considérées comme des maillons essentiels ou des points de défaillance dans la chaîne de l’exploitation aurifère.

La mesure pourrait toutefois soulever des questions sur la continuité de l’administration locale et sur les garanties procédurales offertes aux personnes concernées. Dans des cas similaires, le ministère avait précisé que les sanctions prononcées ne préjugeant pas d’éventuelles procédures administratives ou disciplinaires.

A-Tchol pour Billetdujour.com