Clément Atangana est mort le 4 octobre à l’Hôpital américain de Paris, à 85 ans.
Il était le président du Conseil constitutionnel camerounais, et l’homme par lequel passait, depuis des décennies, la validation de chaque victoire de Paul Biya.
Un mot lui aura collé à la peau jusqu’au bout : « irrecevable ». Celui qu’il opposait, avec une fermeté rare, aux recours des opposants à chaque contentieux postélectoral.
Lors de la présidentielle de 2018, dix-huit recours en annulation déposés par Maurice Kamto, Cabral Libii et Joshua Osih avaient été évacués un à un. En 2025, il entérine l’éviction de Kamto avant de proclamer à nouveau la victoire de Biya au milieu des contestations. Sa dernière œuvre.
Sa carrière était indissociable du calendrier électoral camerounais. Dès 1997, il prend la tête de la Commission nationale de recensement général des votes, rebaptisée dans les cercles politiques la « commission Atangana ».
Il ne la quittera plus pendant dix-sept ans. Nommé à la tête du Conseil constitutionnel en 2018, il célèbre sa nomination poings levés et sourire aux lèvres, sans cacher sa joie. Son épouse est militante du RDPC. L’opposition n’a jamais oublié ni l’un ni l’autre.
Sa disparition s’inscrit dans une séquence plus large. Après Marcel Niat Njifenji, Cavaye Yéguié Djibril et Alexis Dipanda Mouelle, c’est une génération entière qui s’efface : celle qui aura accompagné, jusqu’au bout, le long règne de Paul Biya.
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