Tabac, sédentarité, alimentation ultra-transformée, alcool et pollution de l’air forment le cocktail que la recherche désigne comme les principaux moteurs évitables des maladies chroniques. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la plupart des maladies non transmissibles maladies cardiovasculaires, cancers, diabète de type 2 et maladies respiratoires chroniques reposent sur des facteurs de risque largement modifiables.
Les grandes études épidémiologiques convergent : quatre comportements tabagisme, inactivité physique, alimentation déséquilibrée et consommation nocive d’alcool favorisent l’hypertension, l’obésité, l’hyperglycémie et l’excès de cholestérol. Ces altérations biologiques ouvrent ensuite la voie aux maladies chroniques.
Dans une vaste étude de cohorte menée par Harvard, les personnes de 50 ans suivant au moins quatre habitudes saines sur cinq vivaient en moyenne environ dix ans de plus sans diabète, maladie cardiovasculaire ni cancer que celles n’en suivant aucune.
Le premier est d’éliminer le tabac sous toutes ses formes, y compris l’exposition au tabagisme passif. Arrêter reste bénéfique à tout âge et réduit le risque de nombreux cancers, de maladies cardiovasculaires et de maladies respiratoires.
Le deuxième consiste à rompre avec la sédentarité. Les recommandations internationales préconisent au moins 30 minutes d’activité physique modérée par jour chez l’adulte, et environ 60 minutes quotidiennes chez l’enfant et l’adolescent. Marche rapide, vélo, natation, jardinage ou sport : l’essentiel est la régularité.
Le troisième levier est alimentaire. La recherche encourage une assiette riche en fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes et graisses insaturées, tout en réduisant le sucre ajouté, le sel, les graisses saturées, les viandes rouges et transformées, les sodas et les produits ultra-transformés.
Le quatrième concerne l’alcool : en limiter fortement la consommation, voire s’en abstenir. L’usage nocif de l’alcool est identifié parmi les principaux facteurs de risque de maladies non transmissibles.
Le cinquième est le maintien d’un poids et d’un tour de taille sains. Ce n’est pas une question d’apparence, mais de prévention : l’excès de poids favorise l’hypertension, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.
La prévention ne se résume pas à la volonté individuelle. L’OMS ajoute la pollution de l’air aux grands facteurs de risque, ce qui place la qualité de l’air, l’urbanisme, l’accès à une alimentation saine et la régulation du marketing des produits nocifs au cœur de la santé publique.
Autrement dit, prendre les escaliers ou choisir une pomme ne suffit pas si les villes découragent la marche, si la nourriture saine coûte plus cher et si la publicité normalise tabac, alcool et produits ultra-transformés. Les politiques publiques fiscalité, étiquetage, restrictions publicitaires et aménagements favorables à l’activité physique sont donc présentées comme des leviers essentiels.
Il n’existe pas de pilule miracle, mais une combinaison puissante : ne pas fumer, bouger quotidiennement, manger majoritairement des aliments peu transformés, limiter l’alcool et maintenir un poids santé. Chaque habitude compte, et leur accumulation produit un effet bien supérieur à la somme des efforts isolés.
La « maladie de civilisation » n’est pas une fatalité : c’est souvent le résultat lent d’un environnement et de choix quotidiens que la science sait désormais comment changer.
Transcription Billetdujour.com





































