La première édition de « Zalamavoloï » a célébré, ce samedi 7 novembre 2026, l’élégance, la culture et l’ambition des jeunes femmes de la communauté loma. Organisé par Pagoï Prod, le concours a couronné Élisabeth Gaou Guilavogui, élue Miss de la communauté Loma 2026, après un parcours mêlant patrimoine, éducation, engagement citoyen et entrepreneuriat.
Marie Tongnon Zoumanigui a décroché le titre de première dauphine, tandis que Lombé Sovogui a été désignée deuxième dauphine.
Une cérémonie bien au-delà de la beauté
« Zalamavoloï », expression en dialecte loma, désigne l’élégance, la beauté et l’intelligence de la jeune fille. Portée par Pagoï Prod, cette initiative entend faire dialoguer modernité et traditions ancestrales d’une communauté originaire de la préfecture de Macenta, en Guinée forestière.
Loin d’un concours de beauté classique, l’événement a mis en avant le textile traditionnel loma, la danse et l’instrument musical Poloraly, ainsi que la capacité des candidates à proposer des projets utiles à leur communauté.
Quatre épreuves, une vision
Dobo Denawogué, secrétaire administratif de Pagoï Prod, a expliqué que les dix finalistes ont été évaluées autour de quatre axes. Le premier visait à revaloriser l’habit traditionnel loma, encore méconnu d’une partie du public.
« Le peuple loma a son propre habit traditionnel, mais peu de gens savent l’identifier. Le premier axe consiste donc à revaloriser ce textile », a-t-il indiqué.
Le deuxième volet a porté sur les projets socio-économiques. Chaque candidate a présenté une initiative destinée à favoriser son autonomisation et sa contribution au développement local.
« Les filles ne doivent plus être de simples bénéficiaires des programmes sociaux, mais des actrices du développement de leur communauté », a souligné Dobo Denawogué.
Pour les organisateurs, Zalamavoloï constitue aussi une plateforme de sauvegarde d’éléments patrimoniaux menacés. Le Poloraly, à la fois danse traditionnelle et instrument musical, a ainsi été présenté comme un symbole fort de l’identité loma.
« Ce n’est pas une élection Miss comme les autres. La beauté n’est pas que physique ; nos sœurs doivent aussi s’illustrer sur le plan culturel », a affirmé le responsable de Pagoï Prod.
La lauréate bénéficiera d’une enveloppe financière destinée au lancement de son projet, accompagnée d’un suivi et d’une formation entrepreneuriale.
Bernard Pevé Béavogui, directeur général du CELPAC et conseiller principal de l’événement, a salué la richesse du patrimoine loma : langue, monnaie traditionnelle, habit et alphabet propres à la communauté.
Il a également insisté sur la dimension fédératrice de la cérémonie, marquée par la présence de représentants des communautés peule, soussou et maninka.
« Cette cérémonie a montré que la Guinée est une seule et même famille. Parler de la communauté loma, c’est aussi parler du métissage, du vivre-ensemble et de la richesse de notre patrimoine national », a-t-il déclaré.
Représentant le parrain de l’événement, Malick Kébé, directeur général du Fonds de développement des arts et de la culture, Noël Lamah, directeur général adjoint de l’institution, a salué la convergence entre l’initiative et les priorités du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat.
Il s’est engagé à accompagner la pérennisation de Zalamavoloï afin de renforcer la promotion des expressions artistiques et patrimoniales à l’échelle nationale.
Avec ce premier rendez-vous, la communauté loma affirme une ambition claire : faire de la jeune femme un vecteur de transmission culturelle, de création de richesses et de cohésion nationale. Les communautés loma sont notamment présentes dans la région forestière guinéenne, particulièrement autour de Macenta et Lola.
A-Tchol pour Billetdujour










































