L’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée (UPEMGUI) a salué le moratoire accordé par les autorités sur les plastiques à usage unique, tout en lançant un avertissement clair aux producteurs et PME : respect strict des prix plafonds de l’eau et des tarifs d’achat des déchets plastiques.
Réunie en conférence de presse, l’UPEMGUI a placé son intervention sous le signe de la responsabilité environnementale, de la protection du consommateur et de la préservation de l’activité économique. L’organisation estime que le délai accordé par le gouvernement constitue une opportunité décisive pour organiser la transition vers des emballages plus respectueux de l’environnement, sans pénaliser les ménages guinéens.
Prenant la parole, le président de l’UPEMGUI, Souleymane Fofana, a exprimé la reconnaissance des producteurs d’eau envers les autorités guinéennes après la suspension de l’interdiction des plastiques à usage unique.
Selon lui, ce moratoire est le résultat d’un effort collectif impliquant l’État, le gouvernement, les associations de consommateurs, les opérateurs économiques et les acteurs industriels. Il a notamment rendu hommage au président de la République, Mamadi Doumbouya, pour « sa vision stratégique, son leadership et son engagement indéfectible en faveur d’une Guinée propre, durable et tournée vers l’avenir ».
L’UPEMGUI a également remercié le Premier ministre, les membres du gouvernement, l’Association des consommateurs de Guinée ainsi que la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat de Guinée, pour leur implication dans le dialogue ayant conduit à cette décision.
Pour Souleymane Fofana, ce délai ne doit toutefois pas être interprété comme un abandon de la lutte contre la pollution plastique. « L’obtention de ce délai moratoire n’est pas une fin en soi. C’est un défi majeur lancé à l’ensemble de la nation », a-t-il insisté.
Au cœur de la conférence de presse, l’UPEMGUI a lancé un appel ferme aux producteurs d’eau en bouteille, en sachet et en bombonne : les prix plafonds doivent être respectés.
L’organisation rappelle que l’eau demeure un produit vital pour les populations et que la période de transition liée aux emballages ne doit pas servir de prétexte à des augmentations injustifiées. Les producteurs sont ainsi invités à maintenir des prix compatibles avec le pouvoir d’achat des consommateurs, dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreux ménages.
Cet appel intervient alors que les associations de consommateurs ont dénoncé de récentes hausses des prix de l’eau, parfois accompagnées de préoccupations sur la qualité des produits proposés sur le marché.
Le président de l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée, Mbany Sidibé, a souligné que l’accès à l’eau ne saurait devenir un luxe. « L’eau est source de vie », a-t-il rappelé, avant d’exprimer les inquiétudes des consommateurs face à la hausse des prix et à la qualité insuffisante de certains produits.
Il a précisé que les défenseurs des consommateurs avaient adressé une requête au Premier ministre Amadou Oury Bah afin d’obtenir un moratoire d’un an. Si les autorités ont finalement accordé six mois, cette période est considérée comme une fenêtre essentielle pour rechercher et mettre en œuvre des solutions viables.
L’UPEMGUI a aussi lancé un message direct aux PME et aux entreprises impliquées dans le recyclage, la collecte et la valorisation des déchets plastiques : elles doivent respecter les prix d’achat fixés pour les déchets issus des emballages d’eau.
L’objectif est double : encourager les citoyens à collecter les bouteilles, sachets et autres emballages usagés, tout en garantissant une rémunération équitable aux acteurs de la chaîne de récupération. Pour l’organisation, le déchet plastique ne doit plus être considéré uniquement comme une nuisance, mais comme une ressource économique susceptible de créer des emplois et de soutenir une économie circulaire.
Souleymane Fofana a plaidé pour une structuration complète de la filière, allant de la collecte au tri, puis à la transformation industrielle des déchets plastiques. Cette dynamique pourrait, selon lui, favoriser l’émergence d’emplois verts et réduire durablement la pollution des cours d’eau, des sols et des espaces publics.
A-Tchol pour Billetdujour.com




































