La Direction générale de la Police nationale (DGPN) relance sa campagne de sensibilisation autour des numéros verts destinés au signalement des actes d’insécurité, du banditisme et des activités suspectes. Une initiative saluée par certains citoyens, mais accueillie avec scepticisme par d’autres, qui estiment que ces lignes sont souvent appelées sans réponse efficace.
Face aux préoccupations croissantes liées à la sécurité des personnes et des biens, la DGPN invite les populations à utiliser ces canaux gratuits pour alerter les forces de l’ordre en temps réel. Selon le communiqué officiel, les numéros sont exclusivement réservés aux urgences liées à la sécurité.
L’objectif affiché par la police est de rapprocher les services de sécurité des citoyens et de faciliter les interventions rapides. La DGPN appelle chaque Guinéen à devenir « un acteur de la sécurité collective », en signalant sans délai tout fait suspect ou toute atteinte à la sécurité.
Le dispositif couvre plusieurs régions du pays, avec des numéros dédiés à Conakry et aux principales villes administratives. La police annonce également l’extension prochaine du service aux nouvelles régions de Beyla et de Siguiri, afin d’améliorer la couverture territoriale.
Fait notable, la DGPN invite aussi les citoyens à dénoncer les éventuels abus, tracasseries ou exactions commis par des agents sur le terrain. Une mesure présentée comme un geste de redevabilité, destiné à restaurer la confiance entre la population et les forces de l’ordre.
Toutefois, cette ouverture soulève une question essentielle : les signalements relatifs aux comportements des agents seront-ils réellement traités, suivis et sanctionnés lorsque nécessaire ? Pour de nombreux observateurs, la crédibilité du dispositif dépendra autant de la réponse apportée aux appels que de la volonté affichée de lutter contre les abus.
Si la communication officielle insiste sur la disponibilité des lignes, plusieurs acteurs de la société civile et citoyens estiment que ces numéros verts ont souvent été appelés, mais rarement utiles. Certains dénoncent des appels sans suite, des délais d’intervention longs ou l’absence de retour d’information après un signalement.
Cette perception fragilise l’efficacité du dispositif. Car un numéro d’urgence ne produit de résultats que s’il est accompagné d’une chaîne de traitement fiable : réception de l’appel, identification rapide de la situation, déploiement des agents et information du plaignant.
La réussite de cette initiative reposera désormais sur la capacité de la DGPN à prouver que les numéros verts ne sont pas de simples outils de communication, mais de véritables canaux d’urgence opérationnels. Cela implique des agents joignables, des interventions rapides, un suivi des doléances et une transparence sur le traitement des signalements.
En attendant, la police maintient son appel à la vigilance citoyenne, tout en rappelant que ces lignes doivent être réservées aux situations réellement urgentes afin de préserver leur disponibilité.
Les numéros à retenir
117 — Conakry
168 — Centre opérationnel Police-Conakry
169 — DRP Conakry
170 — Kankan
172 — N’Zérékoré
173 — Labé
174 — Boké
175 — Kindia
176 — Mamou
177 — Faranah
Backtumbla pour Billetdujour.com



































