La pluie a frappé N’Zérékoré comme un coup de massue à l’aube du dimanche 26 septembre. En quelques minutes, la cité forestière s’est retrouvée engloutie sous des torrents d’eau, laissant derrière elle un paysage de ruines et de détresse.

 

Des quartiers entiers Commercial, Tilépoulou, Wesssoua, Horoya, Dorota, Belle Vue, Kwiteyapoulou, Angola  ont été submergés, leurs maisons éventrées, leurs habitants déboussolés. Certains ont tout perdu, absolument tout. « Ma maison s’est écroulée… tout est parti dans l’eau », souffle Monsieur Condé, debout devant ce qu’il reste de son foyer. Une femme, les yeux rougis, tente de retenir ses larmes : « Il n’y a plus rien… avec la conjoncture actuelle, c’est insupportable. »Au milieu du chaos, les autorités ont accouru. Le gouverneur, le colonel Moussa Condé, a parcouru les zones sinistrées, constatant l’ampleur des dégâts. Il promet des mesures, assure que les services de sécurité ont sauvé des riverains en détresse, et se félicite qu’aucune perte humaine ne soit enregistrée. Même constat du côté de l’ANGUCH : les dégâts matériels sont colossaux, mais la vie a été épargnée.

Pendant que les officiels repartent, les habitants, eux, restent. Ils vident l’eau à la main, fouillent les décombres, sauvent ce qui peut l’être. Une ville meurtrie, mais debout. Une ville qui, malgré la désolation, s’accroche à la solidarité pour ne pas sombrer.

Ahmed Diallo