Jeune Afrique a obtenu deux documents confidentiels préparés pour le troisième sommet Russie-Afrique, qui se tient les 28 et 29 octobre à Moscou : le brouillon du plan d’action 2027-2029 et la déclaration finale soumise à l’approbation des pays participants.

Ce que ces documents révèlent : une stratégie d’influence méthodique, déployée sur quatre axes.

Sur le plan économique d’abord, les ambitions restent au stade de la lettre d’intention sans montants chiffrés, sans engagements contraignants. Les échanges commerciaux russo-africains sont en net recul depuis 2025 (22,7 milliards de dollars d’exportations) et les investissements directs russes représentent moins de 1 % des IDE reçus par le continent.

Sur le plan médiatique ensuite, Moscou entend étendre son réseau de correspondants, produire des contenus numériques communs et organiser des voyages de presse pour journalistes africains, le tout au nom de la “lutte contre la désinformation”, dans un pays classé 172e sur 180 par RSF en matière de liberté de la presse.

Sur les ressources naturelles, le plan prévoit explicitement un accès renforcé aux sous-sols africains, avec la création de zones industrielles russes sur le continent et une coopération avec l’Association africaine des producteurs de diamants.

Sur le plan diplomatique enfin, Moscou attend de ses partenaires africains un alignement au sein des Nations unies, en échange de ses soutiens militaires, les pays concernés s’abstenant ou votant contre les résolutions condamnant l’invasion de l’Ukraine.

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