Le 26 septembre 2023, De Faya Millimono, président du Bloc Libéral (BL), a déposé un recours auprès de la Cour Suprême de Guinée pour l’annulation du référendum constitutionnel qui s’est tenu le 21 septembre dernier. Dans une déclaration solennelle, il a exprimé son indignation face aux irrégularités et manquements observés lors du scrutin, mettant en lumière les failles du processus électoral et la nécessité de préserver la légitimité des institutions démocratiques du pays.
« Comme vous le savez tous, les manquements sont tellement clairs qu’on ne pouvait pas les passer sous silence. Nous avons donc constitué un avocat qui a fait le travail avec nous. Et puisque le délai était très court, 72 heures, il fallait que nous déposions notre recours aujourd’hui », a-t-il souligné. Le président du BL a précisé que le recours visait non seulement à annuler les résultats du référendum, mais aussi à ordonner un audit indépendant du fichier électoral, qu’il considère comme vicié et manipulé.
De Faya Millimono a pointé plusieurs éléments qu’il considère comme des preuves d’irrégularités dans le processus référendaire. Selon lui, l’absence de supervision adéquate a été un des principaux dysfonctionnements. Il a dénoncé la nomination tardive de l’ONASUR, l’organe supposé superviser le processus, qui n’a été mis en place qu’à la dernière minute.
« Nous avons pris le militant de Oui, qui a fait la campagne un peu partout à travers le pays, pour le mettre à la tête seulement 72 heures avant le scrutin. Qu’est-ce qu’ils ont observé ? Qu’est-ce qu’ils ont supervisé ? » a-t-il interrogé.
Il a également insisté sur l’absence de garanties nécessaires pour assurer la transparence et l’équité du scrutin. Selon lui, le processus électoral a été entaché par un manque de rigueur et par des manipulations flagrantes, ce qu’il qualifie de « mascarade » rabaissant la République.
Millimono n’a pas hésité à remettre en cause la gouvernance actuelle, arguant que la loi doit être au-dessus de toute suspicion et qu’elle doit garantir un cadre juridique solide. « La loi est faite pour être au-dessus de tout le monde. C’est la loi qui prévoit que lorsqu’il y a un référendum, si ceux-là qui ont été impliqués dans le processus constatent qu’il y a eu des manquements, qu’il y a eu des irrégularités, ils peuvent faire un recours à l’annulation », a-t-il déclaré. Pour lui, cette démarche vise à préserver l’intégrité de la démocratie guinéenne.
L’objectif du recours est clair :
« Nous demandons l’annulation de ce qui s’est passé, un audit indépendant du fichier électoral, et l’organisation d’un nouveau scrutin dans les 60 jours », a ajouté le président du BL. Cette procédure vise à rétablir la confiance dans le système électoral du pays, profondément affecté par les irrégularités et le manque de transparence dénoncés par l’opposition.
De Faya Millimono a exprimé son espoir que la Cour Suprême, garante de la Constitution, prenne en compte les arguments du BL et tranche en faveur d’une justice équitable.
« Nous avons une Cour Suprême qui a compétence de statuer sur ces genres de cas et nous espérons que le droit sera dit », a-t-il conclu.
Si les allégations d’irrégularités sont confirmées, cela pourrait remettre en question la validité du référendum constitutionnel et entraîner une refonte du processus électoral. La Cour Suprême devrait alors se prononcer dans un délai de huit (8) jours.
A-Tchol pour Billetdujour.com






































