La République de Guinée continue de dégringoler dans l’Indice mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF), non seulement sur le continent africain, mais aussi à l’échelle planétaire, selon le dernier rapport de l’organisation dévoilé cette semaine.

Dans l’édition 2026, la Guinée occupe la 92e place mondiale sur 180 pays évalués, un recul de 15 places par rapport à 2025 (77e). En Afrique subsaharienne, le pays chute à la 18e position, distancé par des nations comme le Ghana (27e mondial), le Cap-Vert (34e) ou le Sénégal (59e).

RSF pointe du doigt un climat de plus en plus répressif : censure accrue des médias en ligne, arrestations arbitraires de journalistes et instrumentalisation judiciaire sous le régime depuis le coup d’État de septembre 2021.

« La Guinée paie le prix d’une transition chaotique où la liberté d’informer est sacrifiée sur l’autel du contrôle étatique », déplore Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. L’organisation cite notamment l’interdiction de plusieurs sites d’information critiques, les coupures internet lors de manifestations et les menaces contre des reporters couvrant la corruption ou les élections législatives reportées.

Ce déclassement s’inscrit dans une tendance mondiale où 178 des 180 pays ont vu leur situation se dégrader ou stagner. En Afrique, la Guinée se rapproche dangereusement des « zones autoritaires » comme l’Érythrée (180e) ou le Soudan (150e), loin des leaders régionaux.

Les autorités guinéennes n’ont pas réagi officiellement, mais des voix de la société civile, comme celle du Collectif des éditeurs de presse en ligne (CEPOL), appellent à des réformes urgentes pour restaurer la confiance des journalistes et des bailleurs internationaux.

Backsone pour Billetdujour.com