Le défenseur des droits humains sénégalais Alioune Tine a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour défendre la Cour Pénale Internationale (CPI), qu’il estime menacée par les pressions exercées par l’administration américaine.

Dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, le fondateur du think tank Afrikajom Center a plaidé pour la constitution d’une « coalition des États et des organisations de la société civile » afin de protéger ce qu’il décrit comme « le mécanisme mondial permettant de juger les crimes les plus graves contre l’humanité ».

Pour Alioune Tine, l’enjeu dépasse largement les questions procédurales. Il s’agit, selon lui, de préserver l’un des rares outils juridiques internationaux capables de traduire en justice les responsables de génocides, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, quel que soit leur rang ou leur nationalité.

L’acteur de la société civile sénégalaise n’a pas mâché ses mots à l’égard de l’administration américaine, qu’il accuse explicitement de vouloir « tuer la CPI ». Selon lui, ces pressions visent à accorder une impunité de fait à certains dirigeants, qu’ils soient issus de grandes puissances ou de puissances moyennes, poursuivis ou susceptibles d’être poursuivis pour des crimes internationaux graves.

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre Washington et la Cour de La Haye. Les États-Unis, qui ne sont pas partie au Statut de Rome fondateur de la CPI, ont par le passé multiplié les mesures de rétorsion contre l’institution, notamment des sanctions visant certains de ses responsables.

Le ton employé par le défenseur des droits humains ne laisse guère de place à l’ambiguïté. Il qualifie la situation d’« inacceptable » et appelle les États attachés au multilatéralisme, ainsi que les organisations de la société civile à travers le monde, à faire front commun.

Cette sortie s’inscrit dans la continuité de l’engagement de longue date d’Alioune Tine sur les questions de justice internationale et de droits humains en Afrique et dans le monde. Reste à savoir si son appel trouvera un écho suffisant pour infléchir le rapport de force actuel autour de l’avenir de la CPI.

Transcription Billetdujour.com