Le climat social se détériore à la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Ce vendredi 7 août 2026, la délégation syndicale de l’institution, affiliée à l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) et à la Fédération syndicale autonome des banques et assurances de Guinée (FESABAG), a officiellement déposé un préavis de grève, marquant une nouvelle escalade dans les tensions internes.
Les syndicats dénoncent une série de manquements imputés aux autorités actuelles de la BCRG, qu’ils accusent d’« absence de dialogue », de décisions unilatérales et de pratiques managériales jugées « néfastes » pour les conditions de travail et la gouvernance de la banque. Dans leur déclaration, les représentants syndicaux exigent l’ouverture immédiate de négociations et réclament des clarifications sur des dossiers sensibles liés aux ressources humaines et à la gestion opérationnelle.
« Nous avons épuisé toutes les voies de recours interne », a déclaré l’un des porte-parole syndicaux. « Le dépôt de ce préavis est la conséquence d’un blocage persistant et d’un mépris affiché pour les revendications légitimes du personnel. » Selon la délégation, les revendications portent notamment sur la revalorisation des salaires, la transparence dans les procédures de promotion et de recrutement, la question des primes et indemnités, ainsi que la sécurité d’emplois face à des réorganisations perçues comme arbitraires.
Du côté de la direction, aucune réponse officielle détaillée n’était disponible au moment de la publication. Des sources internes indiquent cependant que la BCRG envisage de rencontrer les syndicats « sous réserve d’ordre du jour clarifié », tandis que d’autres responsables évoquent la nécessité de préserver l’ordre institutionnel et la continuité des missions de la banque centrale. Les enjeux sont lourds : toute perturbation prolongée au sein de la BCRG pourrait affecter la conduite de la politique monétaire, la gestion des réserves et le bon fonctionnement des services bancaires essentiels.
Plusieurs experts interrogés estiment que la crise intervient dans un contexte économique déjà fragile, où la crédibilité et l’efficacité de la banque centrale sont cruciales pour rassurer les partenaires nationaux et internationaux. « Une grève à la BCRG, même partielle, envoie un signal négatif aux marchés et aux investisseurs », commente un économiste local. « Il est impératif que la direction et les syndicats trouvent rapidement un terrain d’entente. »
La date de début éventuel du mouvement de grève n’a pas été précisée dans le préavis. Les syndicats menacent toutefois d’engager des actions progressives, allant d’arrêts de travail ciblés à un arrêt total si leurs revendications restent sans réponse. Ils ont appelé la communauté bancaire et la société civile à suivre de près l’évolution de la situation et à soutenir « toute démarche visant à rétablir des conditions de travail dignes et une gouvernance transparente ».
En attendant une médiation ou une annonce officielle, les observateurs appellent à la retenue et au dialogue. La BCRG, institution clé de l’appareil financier guinéen, fait face à un test majeur de sa capacité à gérer les tensions sociales sans compromettre ses missions fondamentales.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































