Lundi 31 août 2026, un menuisier a perdu la vie après une chute du septième étage d’un immeuble en construction à Lambanyi, dans la haute banlieue de Conakry. Ce drame, survenu au secteur Hombè, illustre de façon tragique l’absence de contrôle effectif des chantiers et le non-respect chronique des mesures de santé et de sécurité au travail en Guinée.
Naby Laye Camara, maître menuisier et chef de chantier, est mort en tombant du 7ᵉ étage. Son corps n’aurait été découvert que deux heures plus tard. Comme trop souvent, la réponse des autorités s’est limitée, après le drame, à l’interpellation de dix ouvriers par la police. Or la prévention aurait dû passer par un contrôle en amont et la sanction systématique de tout travailleur ou entrepreneur qui ne respecte pas les règles de sécurité.
Ce scénario rappelle d’autres accidents récents : fin août, un menuisier est décédé à Coléah après une chute du 3ᵉ étage ; mi-août, un immeuble de cinq étages s’est effondré à Hafia (Dixinn), faisant au moins quatre morts ; et, toujours en août, un travailleur a été happé par une machine dans une usine de Kaléma. À chaque fois, la question du contrôle des chantiers et du respect des normes de construction revient avec force.
Le Code du travail guinéen impose pourtant à l’employeur de prendre « toutes les mesures utiles » pour protéger la vie et la santé des salariés. Dans la pratique, ces dispositions restent largement théoriques sur les chantiers de bâtiment : absence de ceintures de sécurité, échafaudages précaires, ouvriers perchés au sommet des immeubles sans protection, et absence quasi systématique d’inspecteurs du travail ou de contrôleurs du ministère de l’Habitat sur site.
Le ministère de l’Urbanisme, du Logement et de l’Habitat, dirigé par Mohamed Lamine Sy Savané, multiplie les déclarations de principe après chaque drame. Mais sur le terrain, les inspections sont rares, les arrêtés de suspension de chantier peu suivis d’effet, et les sanctions ciblent souvent les ouvriers après l’accident plutôt que les responsables en amont.
La mort de Naby Laye Camara à Lambanyi devrait servir de point de rupture : inspections inopinées et systématiques sur tous les chantiers de plus de deux étages, sanction pénale des maîtres d’ouvrage et entrepreneurs qui ne mettent pas en œuvre les mesures de sécurité obligatoires, formation obligatoire aux risques de chute et à l’usage des équipements de protection individuelle pour tous les ouvriers du BTP, et publication régulière, par le ministère de l’Habitat, d’un bilan des contrôles, des suspensions de chantier et des sanctions prononcées.
Tant que le ministère de l’Habitat et ses services déconcentrés continueront à agir « médecin après la mort », les ouvriers guinéens resteront exposés à des chutes mortelles et à d’autres accidents liés à l’inobservation des mesures de santé et de sécurité. La question n’est plus de savoir si un nouveau drame aura lieu, mais quand et combien de morts il fera.
A-Tchol pour Billetdujour.com




































