Dans un retournement inattendu, le Parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a autorisé, ce jeudi, la sortie du territoire national de deux anciennes figures majeures du régime d’Alpha Condé : l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara.

Dans une réquisition datée du 10 septembre 2026 et signée par le procureur spécial Alphonse Charles Wright, le parquet motive sa décision par des « raisons de santé » et le respect des « droits fondamentaux » des deux mis en cause.  Le document, transmis au Commissaire spécial de l’aéroport Ahmed Sékou Touré et au Directeur central de la police aux frontières, lève officiellement l’interdiction de sortie du territoire qui pesait sur eux.

Le parquet souligne que les deux hommes « présentent toutes les garanties de représentation », ayant élu domicile auprès de leurs avocats respectifs, Maîtres Dinah Sampil, Sidiki Bérété et Almamy Samory Traoré pour Kassory Fofana.  Cette formalité, selon le procureur, « écarte tous doutes sur leur retour au pays après les soins ».

Cette autorisation intervient alors que les deux anciens responsables font l’objet de procédures pénales suivies par la CRIEF, dans des dossiers sensibles liés à la gestion des finances publiques sous le régime déchu.  Leur état de santé, régulièrement évoqué par leurs conseils, avait déjà suscité plusieurs audiences, notamment en juin 2026, où la chambre des appels de la CRIEF avait examiné une demande d’évacuation sanitaire pour Kassory Fofana.

Si la décision du parquet est présentée comme un geste humanitaire, elle ne manque pas de soulever des questions sur la suite des procédures judiciaires en cours.  Aucun détail n’a été communiqué sur la destination médicale des deux hommes, ni sur la durée prévue de leur séjour à l’étranger.

Cette réquisition marque une étape inhabituelle dans le traitement des dossiers de la CRIEF, où les autorisations de sortie du territoire pour raisons de santé restent exceptionnelles, comme l’avait illustré en 2023 le cas de l’ex-député Michel Kamano, autorisé à se rendre à Tunis pour des soins.

Smarboy pour Billetdujour.com