La Coordination des Jeunes Cadres Volontaires pour le Futur (CJCVF) a officiellement lancé la deuxième édition de son Projet de dialogue communautaire pour la protection des droits des femmes et des filles en Haute-Guinée.

Placée sous le thème « Jusqu’à quand les femmes et les filles subiront-elles les violences, les discriminations et les injustices en silence ? », cette initiative entend susciter une prise de conscience collective et renforcer la mobilisation contre les violences basées sur le genre.

À cette occasion, le coordinateur de la CJCVF, Naby Laye Soumah, a appelé les autorités, les communautés, les médias, les organisations de la société civile et la jeunesse à assumer leur responsabilité dans la prévention et la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles.

« Cette question est plus qu’un slogan. Elle constitue un appel à la conscience, à la responsabilité et surtout à l’action », a déclaré Naby Laye Soumah.

Du 15 septembre au 30 octobre 2026, les équipes de la CJCVF mèneront des activités dans plusieurs localités de la Haute-Guinée, notamment à Dinguiraye, Kankan, Siguiri et Mandiana.

Le projet reposera sur une approche communautaire fondée sur l’écoute et le dialogue. Des sessions de sensibilisation, des émissions radiophoniques ainsi que des rencontres avec les autorités, les leaders communautaires, les femmes, les jeunes et les acteurs de la société civile sont prévues.

Une attention particulière sera également accordée au signalement et à l’orientation des cas de violences, dans le respect de la confidentialité, de la dignité et de la protection des victimes.

Pour la CJCVF, il ne s’agit pas de juger les communautés, mais de dialoguer avec elles afin de mieux comprendre les réalités vécues sur le terrain et d’identifier des solutions adaptées.

« Une fille privée de ses droits, c’est notre avenir fragilisé »

Dans son intervention, le coordinateur de la CJCVF a dénoncé la banalisation des mariages précoces et forcés, des violences sexuelles, des violences domestiques, des discriminations et des autres formes d’injustice visant les femmes et les filles.

« Lorsqu’une femme est violentée, c’est toute la communauté qui est interpellée. Lorsqu’une fille est privée de ses droits, c’est notre avenir collectif qui est fragilisé », a-t-il souligné.

La coordination estime que la protection durable des droits des femmes et des filles ne peut être assurée sans leur participation active. Elle souhaite ainsi créer des espaces où la parole peut être libérée, où les préoccupations sont entendues et où les victimes sont orientées vers les mécanismes d’aide appropriés.

À travers son slogan « Jeunesse Action Solidaire », la CJCVF réaffirme sa volonté de faire de la jeunesse un acteur des solutions, et non une simple spectatrice des problèmes sociaux.

Elle invite les jeunes de Haute-Guinée à refuser la banalisation des violences, à protéger les victimes, à encourager les personnes affectées à rechercher de l’aide et à dénoncer les injustices dans le respect des mécanismes de protection.

La CJCVF appelle également les hommes à devenir des acteurs de prévention, les communautés à ouvrir leurs portes au dialogue et les familles à faire de la protection des femmes et des filles une responsabilité quotidienne.

Naby Laye Soumah a aussi sollicité l’engagement des professionnels des médias, dont le rôle est jugé essentiel dans la sensibilisation du public et la lutte contre les violences basées sur le genre, à Conakry comme à l’intérieur du pays.

A-Tchol pour Billetdujour.com