Lors d’une conférence de presse organisée, ce samedi 25 juillet 2026 à la Maison de la Presse de Guinée par la Fédération guinéenne d’e-sports (FEGESPORT) et présidée par Moussa Camara, les échanges ont mis à nu un long “bras de fer” entre la fédération et le ministère des Sports autour de la reconnaissance officielle de la discipline. Interpellé par des hommes de médias sur l’absence de reconnaissance gouvernementale, le président de la FEGESPORT est revenu, documents à l’appui, sur « la mésaventure » que vivent ses membres depuis près de deux décennies.
« Le premier dossier officiel qui a été distribué, pour même vous faire rire, jusqu’au ministère de la Santé, d’abord, pour avoir une subvention. Je vais juste ouvrir, pour lire les résultats attendus. Le championnat guénéen du sport électronique engendrera les résultats suivants. La création d’une ligue nationale de sport électronique. La création d’un établissement de vente de consoles et de jeux de bonne qualité aux normes internationales au prix défiant toute concurrence. La flexibilité des prix des consoles et des jeux sur le marché guénéen. La création d’une entreprise de gestion et de vente autonome. La création d’une salle de jeu aux normes internationales qui restera ouverte selon un calendrier spécifique. Création d’emplois pour des dizaines de jeunes. Obtention d’un titre de manager de l’équipe guinéenne aux jeux et aux futures compétitions internationales : ESWC, Electronic Sport World Cup. Parce qu’en ce moment, c’était la compétition qui se déroulait », a rappelé le président de la FEGESPORT.
Moussa Camara a rappelé que dont-il préside a multiplié les démarches sans obtenir d’écoute durable de la part des autorités nationales. Il a, en revanche, salué le rôle de l’ancienne ministre ses Sports, Domani Doré, « la première » à reconnaître l’e‑sport en Guinée, et présenté une attestation du Cerf Promat en 2014 qui, selon lui, autorisait déjà les activités de l’association Jeune Modeste en attendant un arrêté ministériel. « Ce document, c’est Mme Domani Doré qui nous l’a donné. Ce n’est même pas M. Dramé, c’est l’original », a-t-il affirmé.
Poursuivant, le président a brandi plusieurs preuves de l’activité et de la reconnaissance internationale de la fédération : quatre mois de tournois organisés, une place de deuxième meilleur pays organisateur en Afrique, des reportages de Forbes Magazine en 2015 et une participation aux échanges avec les organisateurs de l’ESWC. « Par les actions de notre collectif, j’ai été le premier jeune Guinéen à figurer dans Forbes Magazine depuis 2015. Voici les preuves. »
Selon lui, les succès internationaux se heurtent à une administration nationale changeante et réticente. « On ne connait pas le sport là. On ne peut pas l’autoriser », rapporte-t-il avoir entendu au ministère, citant des instructions renvoyant sans cesse la décision. Malgré un agrément municipal obtenu en 2018, renouvelé jusqu’en 2025 et valable jusque 2028 selon ses dires, la FEGESPORT n’aurait jamais reçu la délégation de pouvoir attendue de l’État central.
« Quand on a eu cette reconnaissance, on a travaillé avec l’Afrique… L’idée d’organiser le championnat d’Afrique de e-sports est venue de la Guinée. Je mets quiconque au défi. C’est venu de la Guinée », a martelé Camara, qui a aussi rappelé l’intégration de la Guinée aux instances continentales et mondiales, siège au consortium mondial de l’e‑sport, reconnaissance par la fédération ISF et appartenance à Global Esports liée aux Nations Unies.
Le dirigeant a dénoncé des lenteurs administratives répétées : pertes de dossiers, demandes de recomposition, exigence de la création d’un compte à la Banque Centrale, changements ministériels et promesses non tenues. « On a recomposé le dossier. On nous a dit, le dossier, il est bon, mais il manque quelque chose. Allez-y créer un compte à la Banque Centrale. Ok, on a créé le compte à la Banque Centrale, on a mis dessus. Ils nous ont dit, non, attendez, il y a un nouveau ministre qui vient encore », a-t-il relaté.
Moussa Camara a également affirmé que pendant que la FEGESPORT multipliait les succès et partenariats (dont un protocole d’accord avec le PNUD), des décisions administratives auraient favorisé une « équipe parallèle » au détriment des acteurs historiques. « On a appris qu’ils ont donné non seulement l’agrément, mais la délégation de pouvoir à une autre équipe », a-t-il indiqué.
La conférence a mis en lumière un paradoxe : une discipline reconnue et soutenue à l’international, capable de générer emplois et visibilité pour la jeunesse guinéenne, freinée par une reconnaissance nationale inachevée. « Nous décidons de dire la vérité à la communauté de Guinée. Ce qu’on est en train de prendre à la légère, c’est l’image de la Guinée qui est en jeu », a conclu Camara, appelant à une clarification immédiate des autorités sportives.
Les journalistes présents annoncent des demandes d’éclaircissements auprès des anciens ministres et cadres cités, tandis que la FEGESPORT promet de rendre publics tous les documents présentés. La balle est désormais dans le camp du ministère des Sports : reconnaîtra‑t‑il enfin la fédération qui porte la Guinée sur les scènes africaines et mondiales de l’e‑sport ?
On verra bien!
Voici entre documents brandis par le président de la FEGESPORT:
A-Tchol pour Billetdujour.com











































