Le président de la Transition, Mamadi Doumbouya, a réaffirmé ce vendredi sa détermination à éradiquer l’insalubrité qui gangrène la capitale guinéenne. C’est lors du conseil des ministres au palais Mohamed V, il a annoncé une mobilisation accrue des forces de défense et de sécurité (FDS) pour des opérations de réquisition massive, visant à nettoyer les artères de Conakry et à imposer un ordre public rigoureux.

« Conakry ne peut plus être une poubelle à ciel ouvert », a tonné le chef de l’État, pointant du doigt les dépôts d’ordures sauvages, les marchés anarchiques et les obstructions routières qui paralysent la circulation quotidienne. Cette sortie intervient dans un contexte de plaintes récurrentes des habitants, exacerbées par les pluies saisonnières qui transforment les rues en bourbiers insalubres. Le président a rappelé que l’insalubrité n’est pas seulement une question d’hygiène, mais un frein au développement économique et à l’attractivité de la Guinée.

Pour contrer ce fléau, Doumbouya a ordonné des réquisitions immédiates des FDS, incluant gendarmes, policiers et soldats, pour assister les services municipaux. Ces opérations, qui débuteront dès lundi, cibleront les grandes artères comme le marché Madina, le port et les quartiers populaires de Ratoma et Dixinn. « Les FDS ne seront pas seulement des exécutants, mais des garants de la discipline citoyenne », a insisté le président, promettant des sanctions sévères contre les contrevenants, qu’il s’agisse de commerçants indélicats ou de citoyens réfractaires.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre du « Conseil des ministres du 8 mai », où plusieurs décisions ont été actées pour renforcer la gouvernance urbaine. Parmi elles, l’allocation d’un budget supplémentaire de 50 milliards GNF pour l’acquisition de camions-bennes et la formation d’équipes de ramassage. Le ministre de l’Administration du Territoire, Ibrahima Kalil Condé, a salué cette initiative comme un « virage décisif » pour une Conakry propre et moderne.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Les associations de quartier applaudissent, mais les commerçants craignent des perturbations économiques. « Nous soutenons l’effort, mais il faut nous accompagner pour relocaliser nos étals », a déclaré un vendeur du marché Niger.

Du côté de l’opposition, des voix s’élèvent pour dénoncer une « militarisation excessive » de la gestion urbaine.

Avec ces réquisitions, le président Doumbouya envoie un signal fort : le laxisme ne sera plus tolérera. Reste à voir si cette dynamique portera ses fruits avant la fin de la saison des pluies.

A-Tchol pour Billetdujour.com