Ce lundi 8 juin 2026, la Chambre des appels de la CRIEF s’est déplacée à la Clinique Pasteur de Conakry pour poursuivre l’audition de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, toujours alité. Le juge Daye Mara, le procureur spécial Alphonse Charles Wright et leurs teams ont entendu l’ex-chef du gouvernement sur son lit de clinique, suite à la suspension des débats du 11 mai 2026 liée à une demande de la défense sur la communication de pièces du dossier.

Maître Baben Camara, avocat de la partie civile, a souligné les difficultés procédurales : le parquet a évoqué des pièces que la défense n’avait pas reçues, nécessitant un échange complet des documents justificatifs entre toutes les parties. Il a reconnu que Kassory était alité mais capable de répondre aux questions, et estimé que la démarche de la cour était nécessaire pour permettre au prévenu de faire face aux accusations. Sur l’évacuation sanitaire, la partie civile a affirmé que l’État n’est pas responsable de la maladie de Kassory et ne doit donc pas payer ses frais d’évacuation.

Maître Sidiki Bérété, avocat de la défense, a salué le courage de la cour d’être venue à l’hôpital, permettant à Kassory de faire face à la justice sans sabotage de procédure. Il a dénoncé l’apparition de nouvelles pièces dans le dossier en appel, notamment des rapports d’audit jamais débattus, qu’il qualifie de « rapports inventés de toutes parts pour le faire condamner sans débats contradictoires ». L’avocat a plaidé avec urgence pour l’évacuation sanitaire de son client, qui est resté à l’hôpital depuis sa liberté provisoire, affirmant : « S’il n’est pas évacué à temps, nous craignons de le perdre ». Il a qualifié la procédure de « procès politique », contestant les 15 milliards de francs guinéens reprochés (13 milliards reversés au Trésor, le reste pour des opérations d’assainissement public), et a estimé que « ce dossier est vide ».

Kassory Fofana est poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. En première instance (27 février 2025), il avait été condamné à 5 ans de prison ferme, 2 milliards d’amende, remboursement des 15 milliards détournés et 3 milliards de dommages et intérêts. Les documents contestés ont désormais été remis à la défense, et la reprise de l’audience publique est fixée au 11 juin 2026.

Smarboy pour Billetdujour.com