Quatre ans après le coup d’État de septembre 2021, la Guinée vient de refermer officiellement la parenthèse de la transition par l’installation de sa nouvelle Assemblée nationale, issue du double scrutin législatif et communal du 31 mai 2026.
Dans l’hémicycle, les 147 députés de la dixième législature, première de la Ve République, ont prêté serment sous le regard d’un exécutif qui se veut désormais légitimé par les urnes.
Sur le papier, la promesse est belle : retour à la normalité institutionnelle, représentation nationale restaurée, démocratie relancée.
Mais une question dérangeante s’impose déjà : cette Assemblée sera-t‑elle un contre‑pouvoir ou un simple prolongement du pouvoir ?
La large domination du camp présidentiel, confirmée par la Cour suprême, pèse sur la capacité réelle du Parlement à contrôler l’exécutif et à ouvrir le jeu politique.
Le risque est grand de voir l’institution se transformer en chambre d’enregistrement, réduite à valider des lois conçues ailleurs, loin des préoccupations d’une population éprouvée par la crise sociale et la cherté de la vie.
Pourtant, l’attente est immense. Après des années de transition militaire émaillées de promesses de refondation, les citoyens guinéens espèrent enfin des réponses concrètes : des textes clairs, des politiques publiques évaluées, des élus capables de rendre des comptes.
La nouvelle Assemblée nationale tient entre ses mains la possibilité de redonner sens au vote du 31 mai, de réconcilier institutions et société, de remettre la politique au service du public.
En vérité, ce 17 juillet n’est pas la fin de l’histoire, mais le début d’un examen permanent. La transition est terminée ; les comptes, eux, ne font que commencer.
Tamboupret pour Billetdujour.com





































