La directrice de France 24, Vanessa Burggraf, a adressé un courrier au président guinéen Mamadi Doumbouya pour revenir sur l’incident du 14 septembre 2026 et demander le réexamen des mesures qui ont conduit à l’interdiction de la chaîne en Guinée.  Désormais, c’est à la Haute Autorité de la Communication (HAC) de trancher : va‑t‑elle lever le blocus ou verrouiller définitivement la porte à un média que le gouvernement utilise pourtant pour faire passer ses messages à l’international ?

Le 14 septembre 2026, un présentateur de France 24 a glissé un qualificatif “inapproprié” à l’antenne à l’endroit du président de la République de Guinée Mamadi Doumbouya.  Le 16 septembre, la HAC met en demeure la chaîne, exigeant des « rectifications éditoriales » sur tous ses canaux numériques et la fin de l’usage de termes jugés « inappropriés » ou « dégradants » envers le chef de l’État.

Le 17 septembre, estimant que France 24 n’a pas pleinement appliqué la mise en demeure, la HAC interdit « avec effet immédiat » la diffusion de la chaîne sur tout le territoire, par satellite, câble, applications, sites et réseaux sociaux, et retire les accréditations de ses correspondants en Guinée.  La décision, signée par le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, est publiée au Journal officiel et assortie d’instructions de coupure du signal aux opérateurs, dont Canal+ Guinée.

Dans son courrier au président Doumbouya, Vanessa Burggraf revient sur l’incident du 14 septembre et reconnaît une erreur de formulation, tout en rappelant le cadre éditorial de France 24.  Elle sollicite un réexamen des mesures prises contre la chaîne et, implicitement, une issue rapide à la crise, afin de rétablir la diffusion et les accréditations des journalistes.

Ce geste s’inscrit dans une logique d’apaisement : France 24 avait déjà indiqué avoir commis une « erreur » et procédé à des corrections sur son site.  Reste que, pour les autorités, le problème ne se limite pas à un mot : il touche à la « dignité » du chef de l’État et à la « souveraineté juridique » du pays, selon les termes de la HAC.

La balle est officiellement dans le camp de la HAC.  Deux scénarios s’offrent à elle :

Levée ou assouplissement des mesures : si la HAC estime que les excuses et corrections sont suffisantes, elle pourrait annuler ou moduler l’interdiction (par exemple en rétablissant la diffusion tout en maintenant un avertissement).

Maintien ou durcissement : si elle considère que l’incident révèle un manquement répété ou structurel, elle peut confirmer l’interdiction et, à terme, étendre les sanctions à d’autres titres ou correspondants.

La décision aura un impact au‑delà du cas France 24 : elle enverra un signal clair sur la marge de manœuvre des médias internationaux en Guinée et sur la façon dont le régulateur entend concilier contrôle de l’information et image du pays à l’étranger.

Interdire France 24, c’est donc aussi se priver d’un canal influent pour porter la voix de l’État auprès des diasporas, des investisseurs et des partenaires.  La question posée par la lettre de Vanessa Burggraf est moins technique que politique : Conakry veut‑il un régulateur qui ferme la porte aux médias gênants, ou un arbitre qui permet un dialogue, même tendu, avec la presse internationale ?

Smarboy pour Billetdujour.com