D’un côté, la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), jadis redoutée, aujourd’hui affaiblie par les guerres de clans qui rongent l’entourage de Paul Biya. Les rivalités au sommet de l’État ont fait de l’appareil sécuritaire l’un des théâtres privilégiés des règlements de comptes entre factions.

Le second volet de l’enquête plonge au cœur d’un phénomène aussi discret qu’inquiétant : la marchandisation du renseignement camerounais.

Dans un contexte où les structures officielles se sont délitées, un marché parallèle de l’information s’est structuré en dehors de tout cadre légal. Contre quelques milliers de francs CFA, il est désormais possible de faire surveiller une personne, d’obtenir des informations sur un rival ou de commander une filature.

Des agents, anciens ou actifs, monnayent leurs réseaux et leurs savoir-faire au profit de particuliers, d’hommes d’affaires ou de responsables politiques cherchant à prendre l’avantage sur leurs adversaires.

Ce glissement du renseignement d’État vers une offre privée et dérégulée révèle l’ampleur de la fracture institutionnelle : là où l’appareil sécuritaire officiel devrait exercer un monopole, c’est désormais le marché qui fixe les règles.

Comment un appareil d’État censé protéger le pays est-il devenu à ce point vulnérable ? Une enquête à lire ici :

https://l.jeuneafrique.com/3HF.WA