Les anciens présidents des délégations spéciales de Matam et de Ratoma, Badra Koné et Sékou Traoré, se retrouvent au centre d’une vive polémique après leur démission contrainte, intervenue à quelques semaines des élections locales du 31 mai 2026. Leur retour sur la scène publique, à l’occasion de l’installation des nouveaux conseillers communaux, a donné lieu à des scènes qui interrogent sur leur sens de la retenue et de la responsabilité.
Contre toute attente, les deux ex-responsables communaux ont transformé un acte administratif en démonstration politique. À Matam comme à Ratoma, leur attitude a surpris plus d’un observateur, notamment au regard de la fonction qu’ils ont récemment occupée au service des populations. L’un d’eux aurait même déchiré le procès-verbal de la cérémonie d’installation, avant d’être interpellé les agents de sécurité, tandis que l’autre, sous l’œil des caméras, est monté sur le capot d’un véhicule garé avant d’être poursuivi à son tour par des agents de maintien d’ordre.
Ces comportements, jugés pour le moins spectaculaires, posent une question de fond : Badra Koné et Sékou Traoré ont-ils confondu le décret et le scrutin ? Autrement dit, ont-ils cru qu’une sortie de charge administrative pouvait se prolonger en capital électoral ou en scène de résistance politique ? En réalité, un décret relève de l’administration, alors qu’un scrutin relève du choix des électeurs ; les deux logiques ne se superposent ni ne se remplacent.
Leur présence sur les listes gagnantes, après leur départ forcé, montre toutefois qu’ils disposent encore d’une base politique dans leurs localités. Mais cette influence ne saurait justifier des gestes de défiance envers les institutions ou des mises en scène susceptibles d’alimenter les tensions. En politique locale, la légitimité se construit autant dans les urnes que dans le respect des règles du jeu républicain.
Au fond, l’épisode de ce jeudi illustre une confusion regrettable entre l’exercice du pouvoir administratif et la compétition électorale. Les anciens présidents de délégations spéciales gagneraient sans doute à comprendre qu’on ne répond pas au décret par l’agitation, ni au scrutin par la provocation. Le message est clair : dans une République, l’autorité se respecte, et la victoire électorale ne donne pas droit à l’impunité comportementale.
Backtumbla pour Billetdujour.com





































