Le président Bassirou Diomaye Faye a de réelles chances de gouverner sans blocages même sans Ousmane Sonko, selon plusieurs analystes politiques sénégalais. La raison principale tient à la nature hyper-présidentielle du régime sénégalais, qui donne au chef de l’État tous les leviers institutionnels nécessaires.

Les atouts de Diomaye Faye pour gouverner seul

Diomaye Faye dispose de plusieurs leviers de pouvoir majeurs. Il peut gouverner par décret en cas de blocage parlementaire du budget ou des lois, selon l’analyste Dr. Demba Guèye. Il a également la possibilité de renouveler le budget de l’année précédente si l’Assemblée bloque le nouveau budget.

Le président peut limoger Sonko comme Premier ministre par simple décret, une prérogative qu’il a déjà exercée en novembre 2025. En dernier recours, il peut dissoudre l’Assemblée nationale et déclencher de nouvelles législatives, bien que la Constitution impose un délai de 2 ans (dissolution possible après novembre 2025).

Le tandem Faye-Sonko traverse une crise politique ouverte depuis novembre 2025, avec des désaccords de plus en plus publics sur la direction du pays. Après son limogeage, Sonko a pris le contrôle de l’Assemblée nationale, ce qui pourrait créer des blocages institutionnels.

Cependant, Dr. Demba Guèye, universitaire cité par Seneweb, est catégorique : « Diomaye Faye peut gouverner sans Sonko » grâce aux leviers institutionnels dont dispose le président. L’analyste Assane Samb voit dans les décisions de Diomaye une « réaction ferme pour montrer qu’il est le chef ».

Si Sonko contrôle l’Assemblée, le Sénégal pourrait entrer dans une cohabitation armée caractérisée par un blocage du budget et des lois présidentielles. Sonko pourrait également utiliser des motions de censure contre le gouvernement, ce qui rendrait nécessaires des négociations au cas par cas pour éviter la paralysie totale.

Mais la dissolution de l’Assemblée reste l’arme fatale de Diomaye, même si elle est juridiquement impossible avant novembre 2026 en raison du délai constitutionnel.

Diomaye Faye a les moyens institutionnels de gouverner sans Sonko, mais cela nécessitera un usage stratégique des décrets et potentiellement une dissolution anticipée de l’Assemblée. Le vrai défi n’est pas juridique mais politique : maintenir la légitimité populaire sans le moteur électoral que représente Sonko.

A-Tchol pour Billetdujour.com