Le bureau exécutif de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT) est aujourd’hui au cœur d’une vive polémique qui fragilise l’image et le fonctionnement du football national. Des désaccords internes, rendus publics ces dernières semaines, alimentent une inquiétude croissante chez les clubs, les joueurs et les supporters. Entre accusations de mauvaise gouvernance, querelles de préséance et décisions administratives contestées, l’instance dirigeante donne l’impression d’être dépassée par les événements.

Aux dires de certaines indiscrétions, la source principale du conflit remonte à des tensions autour de la répartition des pouvoirs au sein du bureau exécutif et de la gestion des contrats (sponsors, télévision, prestataires). À cela s’ajoutent des divergences sur la feuille de route pour la restructuration des ligues et le calendrier des compétitions. Des décisions prises sans consultation large, ainsi que des suspicions de favoritisme dans la nomination de cadres, ont cristallisé le mécontentement. Les rivalités personnelles entre certains membres et l’absence de mécanismes transparents de résolution ont transformé des désaccords de principe en crise ouverte.

Si la fracture interne n’est pas rapidement résorbée, la FEGUIFOOT s’expose à plusieurs dangers : paralysie administrative (retard des compétitions, blocage des licences), perte de sponsors et de financements, suspension ou sanctions de la part de la CAF et de la FIFA en cas d’ingérence extérieure ou de non-respect des statuts, et surtout un affaiblissement durable de la confiance des clubs et des supporters. À terme, c’est la performance des sélections nationales et le développement des jeunes qui pourraient pâtir.

Pour prévenir un conflit ouvert, les dirigeants doivent prioriser la transparence financière, la concertation systématique avant les grandes décisions, la mise en place d’un organe de médiation interne indépendant, et le respect strict des statuts. L’organisation d’un audit externe et la publication régulière de rapports d’activité aideraient à restaurer la confiance.

L’intervention de l’autorité publique doit rester mesurée : elle peut faciliter le dialogue et garantir le respect de l’ordre public, mais une ingérence directe dans les affaires sportives risque d’entraîner des sanctions internationales. Mieux vaudrait soutenir un processus de médiation impartiale, encourager la gouvernance transparente et n’intervenir de façon coercitive qu’en dernier recours, si la crise menace la continuité des compétitions ou l’ordre public.

Dassassa pour Billetdujour.com