L’assemblée ordinaire de la Fédération guinéenne de football s’ouvre dans un climat lourd, marqué par la méfiance, les frustrations et une lassitude désormais visible chez les acteurs du ballon rond. À chaque rendez-vous fédéral, les mêmes espoirs renaissent, mais aussi les mêmes doutes, tant la crise qui secoue la Feguifoot semble s’inscrire dans la durée. Entre reports, contestations, tensions internes et querelles de leadership, la gouvernance du football guinéen donne l’image d’un navire qui peine à garder le cap.

Pourtant, l’enjeu dépasse largement le cadre d’une simple assemblée. Le football guinéen n’a pas seulement besoin de procédures administratives bien tenues ; il a surtout besoin d’une vision, d’une stabilité institutionnelle et d’un climat de confiance. Les clubs veulent des compétitions crédibles, les joueurs réclament de la sérénité, les entraîneurs attendent des conditions de travail normales et les supporters espèrent enfin voir leur football sortir de l’ornière. Dans un pays où le football reste un puissant facteur d’unité et de passion populaire, chaque crise à la Feguifoot finit par toucher tout le monde.

La vraie interrogation est donc simple : cette assemblée ordinaire peut-elle devenir le point de départ d’un vrai redressement ? La réponse est oui, mais à une seule condition : qu’elle ne se limite pas à des discours de circonstance et à un partage de positions. Si elle permet de clarifier les responsabilités, de corriger les dysfonctionnements et d’ouvrir une nouvelle page fondée sur la transparence, alors elle aura un sens. Mais si elle reproduit les rivalités habituelles, elle risque de n’être qu’un épisode de plus dans une crise devenue presque permanente.

Les fans du football guinéen peuvent-ils compter sur l’équipe actuelle ? Beaucoup veulent encore y croire, mais la confiance se mérite. Elle ne se décrète pas dans une salle de réunion, elle se construit par des actes concrets, des résultats visibles et une gestion responsable. L’équipe en place a donc une lourde mission : prouver qu’elle peut rassembler plutôt que diviser, apaiser plutôt qu’attiser, et travailler pour l’intérêt supérieur du football national. Sans cela, l’assemblée ordinaire ne sera qu’un pansement sur une plaie toujours ouverte.

Le football guinéen attend moins des promesses que des preuves. Et c’est précisément là que se joue son avenir.

A-Tchol pour Billetdujour.com