Le réseau social guinéen CheepChat, créé par le jeune développeur Alhassane Diallo, affirme avoir dépassé le seuil symbolique des 130 000 utilisateurs. Fruit d’un projet né au lycée, la plateforme mise sur une croissance organique et un positionnement local pour répondre aux besoins numériques du continent africain.

Selon son fondateur, cette progression récente rend nécessaire une montée en puissance des capacités techniques de la plateforme. « L’augmentation du trafic impose des investissements dans les serveurs, la cybersécurité, les performances et le développement de nouvelles fonctionnalités », explique Diallo, qui présente aujourd’hui une campagne de soutien destinée à financer ces besoins. Les fonds visés serviront à stabiliser le service et à accélérer l’innovation.

L’origine de CheepChat remonte aux années de Terminale d’Alhassane et de son frère jumeau. Ensemble, ils conçoivent des prototypes visant à réunir les fonctions clés des réseaux sociaux tout en les adaptant aux spécificités et contraintes des utilisateurs africains. Le père de la fratrie fournit les premiers outils informatiques, tandis que le frère jumeau contribue régulièrement au financement de l’accès Internet nécessaire au développement.

Le projet gagne en visibilité grâce à plusieurs relais locaux.

Le jeune entrepreneur reçoit également un appui officiel : la ministre guinéenne des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique l’a rencontré à Fria et lui a remis un ordinateur pour poursuivre le développement. CheepChat bénéficie par ailleurs de l’accompagnement de l’incubateur Nimba Hub, qui a contribué à renforcer les compétences techniques de son fondateur.

Après l’obtention du baccalauréat, Alhassane décide de suspendre temporairement ses études pour consacrer une année entière au projet. Cette période d’immersion permet la mise au point d’une première version opérationnelle. Installé ensuite en France, il lance une version bêta en décembre, avant de déployer la première version commerciale dès le mois de janvier.

La croissance revendiquée depuis lors porte la plateforme à plus de 130 000 utilisateurs.

CheepChat s’inscrit dans un mouvement plus large d’initiatives numériques africaines visant à réduire la dépendance aux grandes plateformes internationales. « Notre ambition est de faire de CheepChat une référence du numérique africain, capable de rivaliser avec les plus grandes plateformes internationales, tout en proposant un modèle plus juste, plus inclusif et plus proche de ses utilisateurs », a affirmé Diallo.

Pour transformer cet élan en succès durable, la startup doit toutefois relever plusieurs défis : sécuriser des ressources financières suffisantes, assurer la résilience technique face à des pics de fréquentation, et élaborer un modèle économique viable sans sacrifier l’accessibilité. La campagne de soutien lancée vise précisément à rendre possible cette transition : renforcement des infrastructures, amélioration de la stabilité des services et accélération de l’innovation produit.

Au‑delà de la technique, CheepChat mise également sur la création d’opportunités pour la jeunesse africaine, en valorisant des contenus locaux et en favorisant l’emploi dans le secteur numérique. L’essor de plateformes comme CheepChat illustre l’émergence d’une génération d’entrepreneurs africains déterminés à bâtir des solutions adaptées aux réalités régionales. Reste à voir si la communauté et les soutiens financiers suffiront à maintenir la dynamique et à faire de CheepChat un acteur pérenne sur un marché dominé par des géants mondiaux.

A-Tchol pour Billetdujour.com