Le gouvernement dirigé par Amadou Oury Bah a surpris l’opinion publique en choisissant de ne pas présenter sa démission après les élections de référendum, communales et législatives, une pratique pourtant devenue habituelle en période post-électorale. Alors que la Constitution guinéenne ne prévoit pas explicitement une telle obligation, la coutume veut souvent qu’un exécutif offre le départ pour permettre au chef de l’État de recomposer son équipe. Cette fois, l’exécutif fait exception.
Pourtant, à Conakry, l’hiver politique ne tardera sans doute pas. Le président Mamadi Doumbouya a déjà donné des signes clairs d’une volonté de réajustement : le récent décret scindant le ministère des Sports et de la Jeunesse est perçu comme un premier acte d’un remaniement annoncé. Les observateurs y voient la main du chef de l’État, qui entend reprendre la main sur certaines portefeuilles jugés stratégiques pour stabiliser son mandat.
Interrogé ce lundi 27 juillet 2026 sur l’éventualité d’une démission collective, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a reçu la question avec ironie. « En réalité, c’est beaucoup de bruit pour rien. Il n’existe aucune disposition légale ni même de tradition imposant la démission du gouvernement. L’installation de l’Assemblée nationale ne change rien à notre situation. Le président de la République peut changer à tout moment tout le gouvernement ou une partie de l’équipe. Ce sont ses prérogatives constitutionnelles, qu’il exerce quand il le souhaite. »
La déclaration vise à rassurer les partisans du gouvernement tout en reconnaissant implicitement la marge de manœuvre du président. Pour l’opposition et une partie de la société civile, l’attitude de l’exécutif s’apparente à un défi : refuser la pratique de la démission pourrait être perçu comme un manque de considération pour les usages démocratiques, même non codifiés.
Dans les prochains jours, l’attention se portera sur la publication de nouveaux décrets et nominations. Si Doumbouya opte pour un remaniement d’ampleur, il s’agira d’un test politiquement sensible pour la stabilité gouvernementale et la feuille de route du pays après des scrutins qui ont déjà polarisé l’opinion.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































