La saison des pluies a levé le voile sur une réalité que beaucoup redoutaient mais que peu ont voulu voir : les principaux marchés de la capitale ressemblent aujourd’hui à des sites abandonnés, où la boue, les flaques putrides et les déchets de toute nature dictent le quotidien des commerçants et des clients. Là où la salubrité devrait être la règle, l’insalubrité devient un risque sanitaire permanent.
Aux abords de nos différents centres de négoces, les allées, se transforment en rivières de boue dès la première averse. Les étals sont installés sur des surfaces précaires, sans drainage correct, et les commerçants posent leurs marchandises à même le sol boueux. Les poubelles débordent; sacs plastiques, restes alimentaires et détritus ménagers s’accumulent dans des zones où le ramassage reste irrégulier. Les odeurs sont persistantes et les eaux stagnantes attirent mouches et moustiques.
Les médecins et agents de santé alertent : l’absence de caniveaux fonctionnels et de systèmes d’évacuation des eaux, combinée à l’agglutination humaine, multiplie les risques de propagation des maladies hydriques et vectorielles. Diarrhées, infections cutanées, paludisme et autres pathologies liées à l’eau stagnante menacent quotidiennement vendeurs et clients, souvent sans accès immédiat à des soins appropriés.
Si la mauvaise gestion des déchets et l’absence d’infrastructures existaient déjà, la saison des pluies en est le révélateur cruel. Chaque nouvelle averse aggrave l’enlisement des allées, endommage les structures fragiles des étals et complique l’approvisionnement en produits frais. Les pertes financières des petits commerçants augmentent, tandis que les usagers hésitent à fréquenter des lieux insalubres.
Comment des lieux essentiels à l’économie populaire peuvent-ils rester à l’abandon malgré les plaintes récurrentes des commerçants ?
Où passent les budgets municipaux censés entretenir les marchés et collecter les déchets ?
Comment concilier activité économique informelle et respect des normes d’hygiène et d’assainissement ?
Quelles responsabilités incombent aux autorités, aux organisations de commerçants et aux citoyens pour renverser ce cycle ?
Réhabilitation progressive des marchés : établir un plan pluriannuel priorisant drainage, voiries, points d’eau potable et blocs sanitaires publics. Commencer par les marchés les plus fréquentés.
Gestion intégrée des déchets : mise en place de collectes régulières avec horaires fixes, création de points de tri, et contrats clairs avec des prestataires locaux, financés par une taxe de marché minorée et transparente.
Aménagements temporaires anti-boue : installation de pavés, dalles ou gravier sur les allées principales avant travaux lourds pour limiter l’enlisement en saison pluvieuse.
Former les associations de commerçants à la tenue d’un marché propre, instituer des brigades locales de propreté et des sanctions progressives pour dépôts sauvages.
Mobiliser fonds municipaux, partenariats public-privé, appuis d’ONG spécialisées en assainissement et micro-financements pour permettre aux commerçants d’améliorer leurs étals.
Campagnes de sensibilisation sur les risques sanitaires, vaccination ciblée si nécessaire, et installation de postes de premiers secours dans les grands marchés.
Les marchés de la capitale sont des poumons économiques de la ville. Les laisser en proie à la boue et aux ordures revient à fragiliser toute une chaîne de survie économique et sanitaire. Avec une volonté politique réelle, une implication des commerçants et des solutions techniques pragmatiques et financées, il est possible de transformer ces lieux moyenâgeux en espaces modernes, propres et sûrs, pour le bien-être de tous.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































