Un nouvel effondrement d’immeuble à Conakry jette la ville dans la stupeur et relance l’alerte sur la sécurité des constructions. Jeudi 13 août, une importante délégation gouvernementale, conduite par le Général Ibrahima Kalil Condé, ministre délégué à la Défense nationale, s’est rendue sur place pour présenter les condoléances officielles aux familles endeuillées.
Représentant des victimes et ancien ministre du Plan, Souleymane Cissé a livré un plaidoyer cinglant qui sonne comme un verdict et un appel à la responsabilité nationale. « Quand il s’agit d’un décès, c’est un drame. Mais perdre plus de cinq ou six personnes, des jeunes hommes et femmes à la fleur de l’âge, prêts à intégrer le circuit économique, cela devient une tragédie », a-t-il déclaré, soulignant l’impact humain et économique de ces pertes.
Cissé a salué l’intervention des secours, « N’eût été cette intervention diligente, le bilan humain aurait pu être bien plus lourd », tout en assumant une part de responsabilité politique, de laisser entendre : « J’engage notre propre responsabilité. J’ai été ministre du Plan : nous n’avons pas su prendre, au bon moment, des politiques rigoureuses pour sécuriser les constructions. Un immeuble prend des années à bâtir, les défaillances actuelles remontent aux gestions antérieures. »
Ses paroles posent la question de fond : comment une capitale qui concentre experts et cadres continue-t-elle d’enregistrer des effondrements successifs ? « Comment se fait-il que la capitale, qui concentre l’essentiel de nos cadres et experts, enregistre quatre effondrements d’immeubles en quelques mois, alors que l’intérieur du pays est épargné ? » s’est interrogé Cissé, indiquant un problème structurel plutôt qu’un accident isolé.
Pour l’ancien ministre, le drame dépasse le factuel : il s’agit d’une perte de « forces vives ». « Ce sont des bras valides que nous perdons. Leur disparition prive la nation de forces vives nécessaires à notre croissance économique », a-t-il ajouté, rappelant que le coût humain se traduira bientôt en coût économique et social.
Le plaidoyer de Souleymane Cissé résonne comme un appel à sortir de l’ère des promesses : il demande non seulement des réponses sur les responsabilités passées, mais aussi des réformes concrètes pour que Conakry cesse de payer au prix fort ses failles structurelles. Les familles attendent des actes, et la nation, une stratégie de prévention capable de préserver ses jeunes talents.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































