La décision de la Confédération africaine de football (CAF) d’accorder une homologation temporaire de catégorie 3 au Stade 28 Septembre pour le mois de septembre 2026 sonne comme un coup d’arrêt à la délocalisation systématique des rencontres du Syli national et, selon plusieurs sources, à la « saignée » financière supportée par le Trésor public pour des raisons opaques.
Après une inspection menée par l’inspecteur de la CAF, l’instance continentale a reconnu les progrès réalisés sur les infrastructures du stade et autorisé l’équipe nationale à disputer à Conakry son prochain match de qualification à la Total Energies CAF Africa Cup of Nations 2027. Cette homologation temporaire ouvre également la voie aux clubs guinéens engagés en compétitions interclubs à jouer à domicile au 28 Septembre, sous réserve de l’accord des clubs et de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT).
Pour des années, la délocalisation des matchs du Syli hors de Conakry, justifiée officiellement par des motifs de sécurité ou d’infrastructures a généré des coûts substantiels pour l’État : prises en charge logistiques, sécurité renforcée, indemnités diverses, et surtout, des marchés et commissions autour de la gestion des déplacements et des sites d’accueil. Des cadres du ministère des Sports, estiment des observateurs et acteurs du milieu, auraient profité de cette situation, en orchestrant ou en favorisant des transferts de matches vers des stades ou pays partenaires au profit de prestataires privés liés à ces cadres.
L’homologation temporaire du 28 Septembre fragilise ce système. En permettant au Syli de revenir jouer à Conakry, elle réduit la nécessité de payer pour des solutions de repli coûteuses et diminue les marges de manœuvre laissées aux décideurs qui tiraient avantage des délocalisations. « C’est une première victoire pour la transparence et pour l’économie nationale », commente un cadre de la Fédération guinéenne sous couvert d’anonymat. « Le Trésor public ne devra plus éponger des dépenses évitables lorsque nous pouvons jouer chez nous. »
La CAF a toutefois conditionné l’homologation à la réalisation de travaux complémentaires et s’est réservée le droit d’envoyer un inspecteur durant les rencontres pour vérifier la conformité opérationnelle. Cette mise en garde rappelle que l’accord reste temporaire et que la durabilité du retour du Syli à Conakry dépendra de la poursuite des investissements et d’une gestion rigoureuse.
Sur le plan politique et institutionnel, la décision met la pression sur le ministère des Sports et sur les responsables en charge de la gouvernance des infrastructures sportives. Les parlementaires et acteurs de la société civile, déjà alertés par des enquêtes médiatiques sur la gestion des dépenses liées au sport, réclament désormais des audits et la publication des contrats et des flux financiers liés aux délocalisations passées. « Il faut une transparence totale sur les dépenses engagées ces dernières années pour comprendre l’ampleur du préjudice subi par l’État », déclare un expert financier d’audit.
La Fédération Guinéenne de Football et la direction du stade ont été remerciées par la CAF pour leur coopération. Le Secrétaire Général de la FEGUIFOOT, M. Ibrahima Barny, a reçu la correspondance officielle signée par Samson Adamu, Secrétaire Général par intérim de la CAF, datée du 14 août 2026 au Caire. Dans ce courrier, la CAF insiste sur la nature temporaire de l’homologation et sur la nécessité de remédier aux points encore non conformes.
Dassassa pour Billetdujour.com




































