Le procès de Momo Camara, Aboubacar Sidiki Camara et Aboubacar Yansané, trois figures syndicales de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), devant le tribunal de première instance (TPI) de Kaloum pour « outrage à agent, violence et voies de fait », pourrait, selon plusieurs observateurs, refléter davantage une stratégie de désescalade que la recherche d’une condamnation établie. Alors que l’adjudant-chef Daouda Sankon a déposé plainte, des sources proches du dossier affirment que les éléments présentés à l’audience seraient insuffisants pour établir la culpabilité des prévenus au-delà de tout doute raisonnable.
Aux termes de l’audience, il semblerait que le juge du TPI de Kaloum ait adopté une approche prudente, susceptible d’avoir tenu compte d’un risque de perturbation majeure : en cas de verdict sévère contre ces leaders syndicaux, les syndicats de la BCRG auraient, selon des analystes, la capacité de paralyser des services essentiels, le recours ultime étant la grève générale au sein d’une institution dont les actions peuvent affecter l’économie nationale. Cette capacité de nuisance pourrait donc avoir pesé, implicitement ou explicitement, dans la conduite du procès.
Plusieurs éléments présentés lors de l’instruction seraient, selon des témoins, de nature contradictoire ou insuffisamment corroborés. Les propos qui auraient motivé la plainte de l’adjudant-chef Sankon ne seraient pas accompagnés d’enregistrements audio ou vidéo publics, et les témoignages recueillis paraîtraient lacunaires. De ce fait, certains observateurs estiment que le dossier ne permettrait pas une condamnation ferme sans risque d’appel ou d’irrégularité procédurale.
Interrogés, des syndicalistes proches des prévenus auraient laissé entendre que toute décision perçue comme une « instrumentalisation judiciaire » contre leurs dirigeants pourrait déclencher des actions de grande ampleur, jusqu’à un arrêt effectif de certaines opérations bancaires. « Nous ne voulons pas le chaos, mais nous défendrons nos droits », aurait déclaré, sous couvert d’anonymat, un cadre syndical.
Du côté des autorités judiciaires, aucune réponse publique n’était disponible au moment de la publication.
La question politique se poserait avec acuité : la décision du juge aurait-elle pu être influencée par des pressions de l’exécutif visant à préserver la stabilité économique et sociale? Des analystes politiques pensent que cela serait plausible, au vu des précédents où l’État aurait cherché à prévenir des conflits susceptibles d’affecter l’économie nationale. Toutefois, en l’absence de preuves directes d’ingérence, cette hypothèse resterait spéculative et devrait être formulée au conditionnel.
Si la justice opte pour la clémence procédurale ou des mesures alternatives, cela pourrait être perçu comme une volonté de désamorcer un conflit majeur, mais cela risquerait aussi d’alimenter des suspicions d’instrumentalisation politique.
À l’inverse, une condamnation ferme pourrait provoquer des ripostes syndicales, dont l’ampleur pourrait affecter des secteurs bancaires et économiques sensibles.
L’absence de preuves robustes au dossier augmenterait le risque d’appels et de prolongation de la crise judiciaire et sociale.
Smarboy pour Billetdujour.com




































