Le Groupe des religieux pour la santé, le développement et la paix en Guinée (GRSDP) a ouvert, ce lundi, un atelier de sensibilisation et d’échanges sur les mécanismes de planification familiale au regard des convictions religieuses. La rencontre se tient au Centre national de perfectionnement à la gestion (CNPG), à Donka, dans la commune de Dixinn.
L’objectif affiché est de renforcer le dialogue entre les autorités religieuses, les professionnels de santé, les partenaires au développement et les communautés, autour d’une thématique souvent considérée comme sensible dans les foyers guinéens.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, la présidente du GRSDP, Hadja Mariamma Sow, a insisté sur la nécessité d’aborder la planification familiale sans opposer foi et santé.
« La question de la planification familiale est parfois abordée avec beaucoup de sensibilité dans nos communautés. Elle touche à la famille, à la procréation, aux valeurs, aux convictions religieuses et aux réalités sociales. C’est précisément pour cette raison que nous avons souhaité créer cet espace d’échange. »
Selon elle, la rencontre ne vise ni à imposer une vision aux communautés ni à mettre la religion en contradiction avec les préoccupations sanitaires.
« Nous ne sommes pas réunis ici pour opposer la religion à la santé. Nous ne sommes pas réunis non plus pour imposer une vision ou une approche à nos communautés. Nous sommes réunis pour écouter, comprendre, dialoguer et rechercher ensemble les mécanismes qui permettent d’accompagner nos familles dans le respect de leurs convictions religieuses et de leur dignité. »
Hadja Mariamma Sow a souligné le rôle central des guides religieux dans la sensibilisation des populations. Elle estime que les imams, prêtres et responsables communautaires restent des interlocuteurs privilégiés des familles, auxquelles ils apportent conseils et orientations au quotidien.
« Dans nos mosquées, nos églises, nos communautés et auprès de nos familles, les populations nous écoutent. Elles viennent vers nous pour demander conseils, orientations et accompagnement. Nous avons donc une responsabilité particulière, celle de contribuer à une information juste, responsable et respectueuse des valeurs qui fondent notre société. »
La présidente du GRSDP a également appelé les participants à faire de cette journée un véritable cadre de débats et de réflexion collective.
« N’ayons pas peur de poser les questions difficiles, n’ayons pas peur d’exprimer nos préoccupations, mais surtout écoutons-nous avec respect et ouverture d’esprit. Notre objectif n’est pas simplement de tenir un atelier de plus. »
Elle a réaffirmé l’engagement de son organisation à bâtir des passerelles entre institutions, communautés religieuses et populations, considérant la religion comme un levier de paix, de santé et de développement.
« Le Groupe des religieux pour la santé, le développement et la paix croit profondément que la religion peut être une force pour la santé, le développement, la cohésion sociale et la paix. Le développement véritable ne peut être durable que lorsqu’il prend en compte l’être humain dans toutes ses dimensions : physique, sociale, morale et spirituelle. »
De son côté, Wilma Mui, assistante de la coordinatrice de World Faith Development Dialogue (WFDD), a salué l’engagement des religieux guinéens en faveur du bien-être des communautés.
« Depuis que je suis venue ici, j’ai vu que vous êtes très engagés pour le bien-être des citoyennes et citoyens de Guinée. Je sais que vous travaillez dans la sensibilisation familiale et que vous avez touché beaucoup de personnes à Conakry, mais aussi à l’intérieur du pays. »
Elle a reconnu les difficultés rencontrées par les acteurs du terrain, notamment durant la pandémie, tout en félicitant le GRSDP pour les résultats obtenus.
« Je sais qu’il y a eu beaucoup de difficultés, notamment avec la pandémie et les contraintes liées aux déplacements à l’intérieur du pays. À cause de ce travail, je suis très fière de vous. Merci beaucoup. »
Jean Marc Tiendrebeogo, associé de programme, a pour sa part indiqué que son séjour en Guinée serait placé sous le signe de l’apprentissage et du partage d’expériences avec les partenaires locaux.
« Le travail que vous avez fait sur le terrain et le succès que vous avez pu réaliser m’ont beaucoup inspiré. Mon séjour va beaucoup consister à apprendre de vous et à vous poser des questions. L’idée est de venir apprendre de l’expérience de la Guinée et de pouvoir également aider nos partenaires. »
Il a félicité les responsables religieux pour les efforts fournis dans les communautés.
« Je voudrais encore une fois vous féliciter pour le travail que vous avez abattu. Nous sommes très contents. »
Représentant le secrétaire général aux Affaires religieuses, Ismaël Camara a officiellement lancé les activités de l’atelier. Il a assuré que son département accompagnerait toute initiative contribuant au bien-être des familles guinéennes.
« Notre département a pour mission de promouvoir la quiétude sociale et le bien-être des Guinéens. Ce genre de rencontre, qui porte sur le bien-être des citoyens, surtout dans les foyers, ne peut qu’être accompagné par le Secrétariat général aux Affaires religieuses. »
Il a aussi transmis les encouragements du secrétaire général aux Affaires religieuses, Elhadj Karamo Diawara, aux organisateurs de l’atelier.
« Vous avez les encouragements du ministre Karamo Diawara pour ce que vous êtes en train de faire en faveur de la promotion de la planification familiale dans nos communautés musulmanes et chrétiennes. »
À travers cet atelier, le GRSDP entend favoriser une meilleure compréhension des enjeux de la planification familiale, dans le respect des sensibilités religieuses, culturelles et sociales. Les participants devront notamment échanger sur les outils de sensibilisation, les mécanismes d’accompagnement des couples et le rôle des leaders religieux dans la diffusion d’informations responsables au sein des communautés.
Richard TAMONÉ pour Billetdujour.com









































