Un conflit ouvert oppose, depuis plusieurs jours, la section syndicale de l’Union des travailleurs parlementaires (affiliée à l’USTG) au secrétariat général de l’Assemblée nationale. Le 4 septembre 2026, le secrétaire général de l’institution, Aboubacar Camara, a signé un communiqué suspendant les activités de la section syndicale et bloquant, « jusqu’à nouvel ordre », l’installation d’un nouveau bureau issu du processus de renouvellement.
En riposte, les syndicalistes ont tenu, ce mardi 8 septembre, une conférence de presse à la Maison de la presse pour annoncer que l’élection de renouvellement aura bel et bien lieu ce mercredi 9 septembre 2026, à 9 h 30, dans la salle du 28-Septembre du Palais du Peuple.
Lors de cette conférence, Fodé Lamine Touré, secrétaire administratif du bureau sortant, a expliqué que, depuis le 31 août, une lettre officielle a été adressée au secrétaire général pour l’informer du processus de renouvellement du bureau syndical, lettre ensuite relayée par la centrale USTG. Selon lui, le secrétaire général soutient que le mandat du bureau est expiré depuis 2024 et refuse, sur cette base, l’installation d’une nouvelle équipe.
Les syndicalistes dénoncent cette position comme un acte « en porte-à-faux avec la loi », rappelant que la liberté syndicale est consacrée par la Constitution et par les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) ratifiées par la Guinée. « Ce n’est pas à son bon vouloir de décider quand nous allons mettre en place notre bureau syndical », a insisté Fodé Lamine Touré, ajoutant que les travailleurs sont « mobilisés » et que « personne ne peut les intimider ».
Ismaël Camara, secrétaire à la syndicalisation, est monté au créneau sur le plan juridique. Selon lui, le communiqué de suspension « n’a aucun fondement juridique » et constitue un « torchon » que « la loi rejette ».
Les syndicalistes rappellent que la section parlementaire n’est pas une fédération ni un syndicat national, mais une section dont le mode d’élection et d’installation relève de la centrale d’affiliation (USTG), et non des autorités administratives de l’Assemblée. « Les autorités parlementaires doivent comprendre que nous ne sommes plus dans une question de clan ou de querelles », a lancé Fodé Lamine Touré, promettant une démarche conforme au droit et à la « diplomatie syndicale ».
Au-delà du conflit interne, les syndicalistes pointent un risque pour l’image de l’Assemblée nationale, présentée comme le « laboratoire de la loi ». « Ceux qui sont dans le laboratoire de la loi doivent servir d’exemple pour respecter la loi », a martelé Ismaël Camara, estimant que le secrétaire général, « juriste de son état », se « ridiculise devant l’opinion nationale et internationale » avec un tel communiqué.
Le ton est clairement à la confrontation : les travailleurs parlementaires entendent installer leur nouveau bureau coûte que coûte, tandis que le secrétariat général maintient sa suspension. La suite dépendra de la tenue effective de l’assemblée générale ce mercredi, de la réaction des autorités parlementaires et, potentiellement, de l’arbitrage de la centrale USTG ou des instances du travail.
A-Tchol pour Billetdujour.com




































