Une audience cruciale est attendue ce mardi 8 septembre 2026 devant les Chambres réunies de la Cour suprême de Guinée, dans le dossier visant l’ancien procureur/magistrat Algassimou Diallo, poursuivi pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence pour discrimination » et « association de malfaiteurs ».  Le procès, ouvert puis renvoyé le 4 septembre, devait permettre à la Cour de se prononcer sur une demande de renvoi formulée par la défense, qui plaide pour plus de temps de préparation et conteste la régularité de la procédure pendant les vacances judiciaires.

Au cœur de la polémique : l’éloignement d’Algassimou Diallo, transféré à Macenta, à plus de 700 kilomètres de Conakry, selon ses avocats.  La défense dénonce un « défi logistique majeur » et exige, avant l’audience, la production d’un extrait du registre d’écrou prouvant sa détention, l’autorisation de visites pour la famille et les conseils, ainsi que le fondement légal exact du transfèrement.  Plus encore, les avocats réclament son retour impératif à Conakry pour qu’il puisse comparaître, rappelant que sa présence est « obligatoire en matière criminelle ».

Dans ces conditions, plusieurs scénarios sont possibles :

Un nouveau report : si la Cour estime que l’absence de l’accusé et les questions de régularité (transfert, preuves de détention, droit à la défense) ne permettent pas de tenir valablement l’audience, un ajournement est plausible.

Une décision sur le renvoi : l’objet initial de la séance du 8 septembre est de statuer sur la demande de renvoi de la défense ; la Cour pourrait donc rendre son délibéré sur ce point, indépendamment de la présence physique de l’accusé.

Une tension procédurale : si le ministère public maintient sa position et que la défense insiste sur l’illégalité du transfert et l’impossibilité de préparer la défense, l’audience risque de se transformer en un affrontement de procédures plutôt qu’en un examen du fond.

En revanche, il est peu probable que la Cour engage le fond du procès tant que la question de la présence de l’accusé et la régularité de son transfèrement ne sont pas tranchées, surtout dans un dossier qualifié de « criminel » par la défense.

Au-delà de la technique judiciaire, cette affaire interroge la crédibilité de la plus haute juridiction du pays et la perception d’équité procédurale.  Pour l’opinion publique et les observateurs, la tenue d’une audience « à distance » de l’accusé, dans un contexte de fortes tensions autour de sa détention et de la diffusion d’images contestées à la télévision nationale, pourrait alimenter les doutes sur la transparence du processus.

En l’état, avec un accusé à 700 km et une défense qui exige des preuves et son retour à Conakry, l’audience de ce mardi ressemble moins à un procès qu’à un test de robustesse procédurale pour la Cour suprême.

Bômbô pour Billetdujour.com