Dans un communiqué cinglant rendu public ce dimanche 6 septembre, le collectif des avocats de l’ancien avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo, met Conakry manifestement au pied du mur : « Des preuves de son transfert à Macenta, ou sa libération immédiate ». Selon la défense, leur client a été extrait de la maison d’arrêt de Coyah dans la nuit du 4 au 5 septembre 2026, puis transféré à plus de 700 kilomètres, à Macenta, sans notification formelle aux conseils ni à la famille. Les avocats affirment n’avoir eu connaissance de ce déplacement que par une publication de l’Administration pénitentiaire sur les réseaux sociaux, et réclament un extrait du registre d’écrou, une visite immédiate de la famille et des conseils, ainsi que le retour d’Algassimou Diallo à Conakry pour son audience du 8 septembre.
Le ministère de la Justice justifie ce mouvement par une « gestion administrative des établissements pénitentiaires », assurant que le statut judiciaire du détenu n’est pas modifié. Mais pour la défense, l’absence de base légale claire et l’éloignement géographique constituent une entrave au droit à un procès équitable, d’autant que des images et montages circulent sur les réseaux sociaux, présentant Algassimou Diallo dans des postures jugées dégradantes ou accusatrices. Ses conseils qualifient ces diffusions d’atteinte à la dignité et à la présomption d’innocence, et mettent en garde contre toute instrumentalisation médiatique de l’affaire, appelant les autorités à faire cesser ces publications.
Rappelons qu’Algassimou Diallo, figure du procès du 28 septembre 2009, a été révoqué du corps de la magistrature le 20 août 2026 pour « manquements graves », avant d’être inculpé pour « provocation à la haine » et « association de malfaiteurs ». Son sort judiciaire, désormais, se joue entre Macenta et Conakry, sous le regard tendu de l’opinion publique guinéenne.
A-Tchol pour Billetdujour.com




































