Fatou Bensouda a vu son visa annulé par l’administration Trump. Ses comptes bancaires gelés. Et pire, des inconnus se sont présentés à son domicile aux Pays-Bas. C’est peu dire qu’elle a payé au prix fort les enquêtes qu’elle a conduites à la tête de la Cour pénale internationale.
L’ancienne procureure en chef de la CPI raconte à Jeune Afrique des années de pressions et d’intimidations… sans jamais avoir envisagé de renoncer. “Le Statut de Rome était mon patron”, résume-t-elle.
Son parcours commence loin de La Haye, dans le quartier populaire d’Half Die à Banjul, au Gambie. Fille d’un chauffeur du gouvernement, elle se forge très tôt une réputation de défenseure des autres. “Je me bagarrais pour des querelles qui n’étaient pas les miennes. Je détestais simplement voir l’injustice.” À 11 ans, elle accompagne une voisine battue au commissariat pour déposer plainte. Au lycée, elle assiste aux procès dans les salles d’audience.
Procureure générale sous Yahya Jammeh, puis procureure en chef de la CPI de 2012 à 2021, elle a mené des enquêtes sur des crimes de guerre présumés en Afghanistan et dans les territoires palestiniens occupés, s’attirant les foudres de Washington et de Tel Aviv. Selon une enquête du Guardian, l’ancien chef du Mossad l’aurait personnellement menacée pour faire échouer l’enquête sur la Palestine.
Depuis 2022, elle est haut-commissaire de la Gambie au Royaume-Uni.
https://l.jeuneafrique.com/ncX.WA





































