Pour contourner les sanctions internationales imposées à la Russie, Moscou multiplie les subterfuges maritimes, dont l’utilisation de pavillons de complaisance et de faux documents d’immatriculation. Une stratégie qui permet à des navires d’échapper aux contrôles et de poursuivre des liaisons commerciales sensibles. Ces pratiques inquiètent désormais les autorités béninoises et internationales.
Plusieurs dizaines de navires battant pavillon béninois ont été récemment identifiés par des experts et des autorités comme appartenant à ce que l’on appelle la « flotte fantôme russe ». Sous couvert d’un enregistrement béninois, légal parfois, frauduleux parfois, ces bâtiments opèrent loin des radars médiatiques et des sanctions. Ils changent fréquemment de nom et d’immatriculation, modifient leurs transpondeurs AIS ou dissimulent leurs propriétaires effectifs derrière des sociétés écrans domiciliées dans des paradis juridiques.
À Cotonou, une enquête officielle a été ouverte pour établir l’ampleur du phénomène et déterminer s’il existe des complicités locales. Les investigations visent à retracer les circuits d’enregistrement, les intermédiaires ayant facilité l’obtention des pavillons, et les éventuelles failles réglementaires exploitées. Les autorités béninoises travaillent en lien avec des partenaires internationaux, qui fournissent des analyses d’images satellites, des données AIS et des expertises bancaires pour remonter les filières.
Les spécialistes alertent sur les conséquences : non seulement ces pratiques fragilisent l’efficacité des sanctions, mais elles exposent aussi les pays acceptant ces pavillons à des risques juridiques et réputationnels. Un État dont le registre maritime devient synonyme de « port d’attache » pour des activités contournant des embargos peut voir s’éroder sa crédibilité diplomatique, attirer des mesures de rétorsion et compliquer ses relations commerciales.
Face à ces risques, plusieurs pistes sont envisagées : renforcement des contrôles d’enregistrement, harmonisation régionale des registres maritimes, vérification accrue des propriétaires bénéficiaires effectifs, et coopération internationale renforcée en matière de transparence. Pour Cotonou, l’enjeu est double : protéger la conformité du registre national et démontrer sa volonté de lutter contre l’exploitation de son pavillon à des fins illicites.
L’enquête en cours devrait, dans les semaines à venir, préciser le rôle exact des acteurs impliqués et orienter d’éventuelles réformes législatives pour couper court à l’essor de cette « flotte fantôme ».
K’pône pour Billetdujour.com





































