La consommation de chicha prend une ampleur inquiétante en Guinée, surtout chez les jeunes, qui la considèrent souvent comme un simple loisir, un signe de modernité ou même une forme de distinction sociale. Pourtant, derrière cette image banalisée se cache un véritable danger sanitaire, encore sous-estimé par une grande partie de la population.

Dans les quartiers, les lieux de consommation se multiplient et attirent une jeunesse de plus en plus exposée. Beaucoup de jeunes s’y adonnent librement, sans toujours mesurer les conséquences de ce produit sur la santé. Pour certains, la chicha est devenue un phénomène de mode, presque un accessoire de la vie urbaine. Cette perception est justement ce qui rend le problème plus grave : quand le risque est banalisé, la prévention devient plus difficile et les dégâts plus durables.

Le plus préoccupant reste le laxisme des pouvoirs publics face à ce fléau. Les réactions officielles apparaissent souvent ponctuelles, limitées dans le temps, sans véritable suivi ni stratégie durable. Ces actions, trop souvent comparées à des feux de paille, ne suffisent pas à endiguer un phénomène qui s’enracine. Pendant ce temps, la consommation progresse et gagne du terrain dans l’indifférence générale.

La société civile guinéenne n’est pas non plus épargnée par les critiques. Son silence ou sa faible mobilisation face à ce problème laisse les jeunes sans véritable alerte collective. Les familles, les écoles, les associations et les leaders d’opinion devraient pourtant être en première ligne pour dénoncer les dangers de la chicha et briser l’idée qu’elle serait sans conséquence.

Face à cette situation, des mesures fermes s’imposent. L’État doit envisager un encadrement strict des lieux de vente et de consommation, renforcer les contrôles et sanctionner les contrevenants. L’interdiction de l’importation des produits liés à la chicha doit aussi être sérieusement étudiée si elle s’avère nécessaire pour freiner le phénomène. Mais la répression seule ne suffira pas. Il faut aussi une campagne massive de sensibilisation dans les écoles, les quartiers et les médias.

La chicha n’est pas un simple effet de mode. C’est un danger latent qui menace la santé, l’éducation et l’avenir d’une génération entière. Ignorer ce fléau aujourd’hui, c’est préparer des conséquences plus graves demain.

Tassimô pour Billetdujour.com